Résumé de la décision
Le 15 juin 2017, la Cour a rendu son arrêt concernant l’appel de Mme B..., qui contestait le jugement du tribunal administratif de Marseille du 2 décembre 2015. Ce jugement avait rejeté sa demande d'annulation d'un arrêté préfectoral du 27 avril 2015 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et lui ordonnant de quitter le territoire français. Entre-temps, le préfet des Bouches-du-Rhône a délivré à Mme B... le titre de séjour sollicité, rendant ainsi la requête sans objet. La Cour a donc décidé qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur la demande de Mme B... et a rejeté ses conclusions visant à obtenir des frais d'avocat.
Arguments pertinents
Dans la décision, la Cour a pris en compte plusieurs éléments clés, notamment :
1. Refus de séjour et obligation de quitter le territoire : La requête initiale de Mme B... était fondée sur des arguments relatifs à l'insuffisance de la motivation du refus de séjour et à la violation de ses droits humains. Cependant, la situation a évolué avec la délivrance du titre de séjour, ce qui a rendu l'affaire caduque.
2. Décision du préfet : La Cour a constaté que le préfet avait modifié sa position en délivrant un titre de séjour à Mme B..., indiquant ainsi que les questions soulevées par la requête étaient désormais obsolètes. Cette progression a été déterminante, car elle a conduit à l'absence de tout intérêt à statuer sur l'affaire.
En conséquence, la Cour a conclu : « qu'il n'y a pas lieu de statuer sur la requête de Mme B..., devenue sans objet » (considérant 2).
Interprétations et citations légales
Les articles de loi pertinents dans cette décision incluent :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Ces articles régissent les droits des étrangers en matière de séjour et les conditions dans lesquelles ces titres peuvent être délivrés.
- Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article permet aux tribunaux de condamner l'État à payer les frais de justice d'une partie si celle-ci a succombé dans ses conclusions. La Cour a rejeté la demande de Mme B..., notant qu'il ne convenait pas, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à ses conclusions sur ce fondement (article 2 de la décision).
- Article 37 de la loi du 10 juillet 1991 : Cette disposition est relative à l'aide juridictionnelle, mais la demande de somme en vertu de cet article a été rejetée en corrélation avec le rejet des autres conclusions de Mme B... (article 3 de la décision).
Ces articles illustrent l'importance d'une décision administrative conforme aux droits des étrangers tout en soulignant que le changement de circonstances (délivrance du titre de séjour) peut entraîner l'extinction des contestations judiciaires.
La Cour se fonde également sur les principes plus larges du respect dû aux droits de l'homme, tels que le droit au respect de la vie privée (article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme) que la requérante a invoqué, mais qui se révèle finalement sans objet dans le cadre de sa requête, étant donné la régularisation de sa situation.