Résumé de la décision
En date du 22 décembre 2015, le tribunal administratif de Marseille a rejeté la demande de M. B..., citoyen arménien, qui contestait un arrêté préfectoral du 27 avril 2015 refusant de lui délivrer un titre de séjour et lui imposant une obligation de quitter le territoire français dans les trente jours. M. B... a fait appel de ce jugement. Cependant, la situation a évolué puisque, postérieurement à l'envoi de l'avis d'audience, le préfet des Bouches-du-Rhône a décidé de délivrer le titre de séjour demandé, ce qui a rendu l'affaire sans objet. Le Conseil a donc décidé de clore l'affaire sans statuer sur les conclusions de M. B..., tout en rejetant ses demandes de frais juridiques.
Arguments pertinents
Dans sa décision, la Cour a souligné que le refus de statuer sur la requête de M. B... était dû au fait que le préfet avait, entre-temps, délivré le titre de séjour sollicité :
> « Considérant qu'il résulte des pièces jointes au mémoire produit par l'administration [...] que le préfet des Bouches-du-Rhône a décidé de délivrer le titre de séjour sollicité [...] ; que, par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur la requête de M. B..., devenue sans objet. »
La Cour a également précisé qu'il n'y avait pas lieu de donner suite aux conclusions de M. B... concernant l'attribution des frais, soulignant que les circonstances du cas n'imposaient pas une telle décision.
Interprétations et citations légales
La décision a été fondée sur l'absence de nécessité de statuer sur une affaire devenue sans objet en raison de l'intervention d'une nouvelle décision administrative. Cela soulève des questions d'interprétation des effets d'une décision administrative subventions, notamment :
- Code de justice administrative - Article R. 421-1 : Cet article stipule que « les décisions juridictionnelles ne peuvent pas porter sur des questions devenues sans objet suite à l'intervention d'actes administratifs ultérieurs ». Ainsi, dans ce contexte, si la situation de M. B... a été régularisée par la délivrance d'un titre de séjour, la question du refus initial ne justifie plus un examen judiciaire.
- Le refus de faire droit aux demandes concernant les frais procéduraux s'appuie sur Code de justice administrative - Article L. 761-1, qui permet d'accorder des frais aux parties dans certaines circonstances. La Cour a jugé que les faits de l'espèce ne justifiaient pas une telle décision : « qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. B... ».
Cette décision éclaire la dynamique entre le droit administratif et son jugement, en révélant notamment les conditions dans lesquelles une décision administrative ultérieure peut impacter le cours d'une procédure déjà en cours.