Résumé de la décision
La SCI Ham Utelle a introduit une requête auprès de la Cour le 9 novembre 2020, demandant la révision d'une astreinte liquidée à 20 000 euros par un jugement du 9 octobre 2018, en raison du non-respect par la société Enédis d'une décision de déplacement de poteaux électriques. Après un échange contradictoire et un mémoire de désistement enregistré par la SCI Ham Utelle le 2 juillet 2021, la Cour a constaté que ce désistement était pur et simple, et a donné acte de celui-ci, sans statuer sur les autres demandes.
Arguments pertinents
Les arguments avancés par la SCI Ham Utelle reposent sur plusieurs éléments juridiques et factuels :
1. Inexécution prolongée : La requérante a fait valoir que le jugement du 9 octobre 2018, qui ordonnait le déplacement de poteaux électriques, n'avait toujours pas été exécuté par Enédis après un délai de 622 jours. Cela soulève une question de non-respect des obligations judiciaires.
2. Insuffisance de l'astreinte : La SCI Ham Utelle soutient que le montant de l'astreinte actuelle insuffisante ne constitue pas une incitation suffisante pour Enédis à exécuter le jugement. Elle a demandé une liquidation de l'astreinte pour un montant de 186 600 euros, et une nouvelle astreinte de 500 euros par jour.
3. Argument de la suspension de l’astreinte : En réponse, Enédis a mis en avant que la procédure prévue par l'article R. 323-25 du code de l'énergie et la suspension temporaire de l'astreinte en raison de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 expliquaient le délai d'exécution.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs textes de loi et articles pertinents :
- Code de l'énergie - Article R. 323-25 : Cet article encadre la procédure d'exécution des décisions relatives à la modification des réseaux électriques et peut justifier un certain délai dans l'exécution des mesures ordonnées par le juge.
- Ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 - Article 4 : La disposition concernant la suspension du cours de l’astreinte est cruciale dans ce contexte, indiquant que :
> "Le cours des astreintes est suspendu pendant la durée des périodes de confinement, sous conditions prévues par l'ordonnance".
Ce cadre légal permet de comprendre pourquoi Enédis a pu justifier des retards dans l'exécution, en arguant qu'une partie du délai résultait de circonstances exceptionnelles liées à la pandémie de COVID-19.
Enfin, la décision de la Cour de donner acte du désistement de la SCI Ham Utelle sans statuer sur le fond des demandes indique qu'une fois le désistement enregistré, les éléments de contestation ne font plus l'objet d'examen judiciaire. Cela souligne la prévalence du principe de la volonté des parties dans le contentieux administratif.