Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. A...B... a sollicité la condamnation de l'Etat à verser une somme de 128 000 euros en raison de l'inexécution d'une astreinte prononcée le 6 décembre 2016. La Cour a reconnu que l’Etat n’avait pas exécuté l’injonction d’examiner la situation administrative de M. A...B..., et a décidé de liquider l'astreinte pour la période du 16 novembre 2016 au 4 avril 2017 à hauteur de 7 000 euros. En outre, la Cour a accordé 1 500 euros à M. A...B... au titre des frais de justice. Le préfet des Alpes-Maritimes a été invité à informer la Cour des mesures d’exécution prises. Les autres demandes formulées par M. A...B... ont été rejetées.
Arguments pertinents
1. Inexécution de l'astreinte : La Cour a constaté que l'astreinte prononcée n’a pas été exécutée, soulignant que "il ne résulte pas de l'instruction que l'injonction sous astreinte de réexaminer la situation administrative de M. A...B... a été exécutée".
2. Liquidation provisoire de l'astreinte : La Cour a procédé à une nouvelle liquidation de l'astreinte pour la période concernée (16 novembre 2016 au 4 avril 2017), statuant que le montant total de cette astreinte est "28 000 euros", mais a décidé d'en allouer "le quart de cette somme" à M. A...B..., soit "7 000 euros", en raison des circonstances particulières de l'affaire.
3. Frais de justice : Concernant les frais engagés par M. A...B..., la Cour a décidé de lui accorder "la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative", reconnaissant ainsi le droit à la compensation des frais non compris dans les dépens.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 911-7 du code de justice administrative : Cet article permet à la juridiction de procéder à la liquidation des astreintes en cas d'inexécution totale, partielle ou tardive d'une décision. La formulation "la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée" indique que cette procédure est impérative dès lors qu’il y a constatation d'une inexécution.
2. Article L. 911-8 du code de justice administrative : La mention selon laquelle "la juridiction peut décider qu'une part de l'astreinte ne sera pas versée au requérant; cette part est affectée au budget de l'État" souligne la possibilité pour la juridiction de modérer ou distribuer l'astreinte en tenant compte des circonstances spécifiques de l'affaire.
3. Application des principes de justice administrative : La décision rappelle l'importance de la conformité aux décisions judiciaires et à la responsabilité de l'État dans l'exécution de ces décisions. La Cour a estimé nécessaire non seulement de liquider l'astreinte, mais aussi d'inciter les autorités à agir, en ordonnant au préfet des Alpes-Maritimes de communiquer des mesures d'exécution à la Cour dans un délai d’un mois.
Ces éléments mettent en exergue le rôle des juridictions administratives dans la protection des droits des requérants face à l'inexécution des décisions administratives.