Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. A... a demandé l'annulation d'un certificat d'urbanisme préopérationnel délivré par le maire de la commune de Bragassargues, qui indiquait que sa parcelle ne pouvait pas être utilisée pour la construction d'une maison individuelle. Le tribunal administratif de Nîmes a rejeté sa demande d'annulation par un jugement du 28 mars 2014, et M. A... a ensuite interjeté appel de cette décision. La Cour a confirmé le jugement du tribunal administratif, statue que la parcelle était située en dehors des parties urbanisées de la commune et que le maire avait fait une juste appréciation des dispositions d'urbanisme applicables.
Arguments pertinents
1. Localisation de la parcelle : La Cour a noté que M. A... possédait une parcelle de 36 719 m², distant de 200 mètres du centre du village. Bien qu'elle soit proche de parcelles bâties, la décision du maire qu'elle était en dehors des parties urbanisées a été jugée correcte. La Cour a affirmé : « … ces constructions… constituent un compartiment de terrain distinct de la partie agglomérée de la commune. »
2. Inapplicabilité des dispositions urbanistiques : La Cour s'est fondée sur l'article L. 111-1-2 du code de l'urbanisme qui stipule que, en l'absence de plan local d'urbanisme opposable, seules certaines constructions peuvent être autorisées. En l'occurrence, aucune construction à usage d'habitation ne pouvait être réalisée sur le terrain de M. A..., car il était établi que la parcelle était en dehors des parties urbanisées.
3. Motifs de la décision : Même si d'autres raisons ont été avancées pour justifier le refus, notamment des motifs de desserte en électricité et des risques d'incendie, la Cour a expliqué que la décision du maire aurait été la même sur le seul fondement de la localisation de la parcelle. La Cour a affirmé : « … il résulte des pièces du dossier que le maire aurait pris la même décision s'il s'était fondé uniquement sur le motif légalement fondé que la parcelle du requérant est située en dehors des parties actuellement urbanisées de la commune. »
Interprétations et citations légales
1. Article L. 410-1 du code de l'urbanisme : Cet article établit les critères pour déterminer si un terrain peut être utilisé pour un projet donné. Il précise que le certificat d'urbanisme doit indiquer les dispositions d'urbanisme applicables et si le terrain peut accueillir la réalisation d'une opération : « Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée [...] indique, en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée [...] si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ».
2. Article L. 111-1-2 du code de l'urbanisme : Cet article limite les constructions autorisées en absence d'un document d'urbanisme opposable. Il stipule que seules certaines constructions sont permises en dehors des parties urbanisées et a été central dans l'analyse de la localisation de la parcelle : « En l'absence de plan local d'urbanisme ou de carte communale opposable aux tiers... seules sont autorisées [...] la construction de bâtiments nouveaux à usage d'habitation à l'intérieur du périmètre regroupant les bâtiments d'une ancienne exploitation agricole. »
La Cour, en confirmant le jugement du tribunal administratif, a ainsi souligné l'importance de la stricte application des règles d'urbanisme et de la définition des parties urbanisées dans l'évaluation des demandes de certificats d'urbanisme.