Résumé de la décision
La cour administrative a été saisie par la commune de Varangéville pour contester le jugement du tribunal administratif de Nancy qui avait annulé un permis de construire délivré par le maire. La commune soutenait que le préfet avait émis un avis défavorable entaché d'erreur manifeste et que divers aléas soulevés par l'expert ne compromettaient pas la sécurité des personnes. Toutefois, entre-temps, un nouveau permis de construire avait été accordé, rendant la requête initiale sans objet. La cour a donc décidé qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur cette demande, tout en rejetant les conclusions de la commune pour le remboursement de frais.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la requête : Le préfet a soulevé une exception de non-lieu, indiquant que le permis de construire du 24 novembre 2017 avait été implicitement retiré par l'octroi d'un nouveau permis le 26 mars 2018. La cour a constaté que la commune n'a pas contesté cette irrégularité, ce qui a conduit à la caducité de sa demande.
> “La requête de la commune étant ainsi devenue sans objet [...] il n'y a plus lieu d'y statuer.”
2. Définitivité du permis de construire : Le permis accordé par le maire le 26 mars 2018, étant devenu définitif et non contesté dans le délai de recours, a entraîné la disparition d'intérêt pour la réclamation initiale.
> “Le permis de construire délivré le 26 mars 2018 est devenu définitif, faute d'avoir été contesté.”
3. Frais d'instance : La cour a jugé qu'il n’y avait pas lieu de condamner l'État à payer les frais demandés par la commune, en tenant compte des circonstances de l'espèce.
> “Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à la commune de Varangéville de la somme qu'elle demande.”
Interprétations et citations légales
1. Caducité du permis de construire : La cour a appliqué le principe selon lequel un permis de construire peut être implicitement retiré si un nouveau permis est accordé pour le même projet, in casu :
> Code de l'urbanisme - Article R. 431-4 : Cet article établit les conditions d’octroi des permis de construire, précisant que les autorisations peuvent être soumises à un certain nombre de recours. En élargissant cette notion, la cour a interprété que l'octroi d'un nouveau permis laisse sans effet l'ancien.
2. Recours contentieux : La décision confirme l'importance d’agir dans les délais pour contester un permis. En l'absence de contestation dans les délais impartis, le nouveau permis a conduit à l’irrecevabilité de la requête.
> Code de justice administrative - Article R. 421-1 : Cet article précise les délais de recours pour contester les permis de construire, renforçant la leçon sur les conséquences de la non-contestation dans le cadre juridique.
3. Frais de justice : Sur les conclusions d'indemnisation, la cour a appliqué l'article correspondant en tenant compte du principe de l'équité :
> Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article régit la répartition des frais liés à une instance, stipulant que le juge peut décider de ne pas accorder d'indemnité si les circonstances le justifient.
Cette décision illustre ainsi la complexité du droit de l'urbanisme et l'importance cruciale de respecter les procédures et délais prévus par la loi.