Résumé de la décision
M. F... A... B..., un ressortissant égyptien, a demandé l'annulation d'un jugement du tribunal administratif de Strasbourg qui a rejeté le surplus de sa demande concernant un arrêté préfectoral en date du 7 août 2020. Cet arrêté lui imposait une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire ainsi qu'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. La cour a confirmé le jugement du tribunal administratif, rejetant les moyens soulevés par M. A... B... concernant l'incompétence de l'autorité émettrice, la violation de l'article 8 de la CEDH, et l'erreur de droit relative à l'interdiction de retour.
Arguments pertinents
1. Vice de compétence : M. A... B... a soutenu que la décision préfectorale était entachée d'un vice d'incompétence. Toutefois, la cour a rejeté ce moyen, adoptant les motifs du premier juge et considérant qu'aucun nouvel élément n'était apporté.
2. Violated rights under CEDH : Concernant l'incompatibilité avec l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme (CEDH), la cour a conclu que, bien que M. A... B... attestait d'une présence en France, sa situation personnelle et familiale ne justifiait pas l'irruption dans ce droit : "La présence continue n'est pas justifiée dès lors qu'il a bénéficié de la délivrance d'un titre de séjour italien en 2012".
3. Absence d'efforts de régularisation : La cour a souligné qu'il n'avait entrepris aucune démarche de régularisation de son statut et que sa relation familiale ne permettait pas de s'opposer à sa reconduite compte tenu de la possibilité de reconstitution de sa cellule familiale en Égypte : "Il ne démontre ainsi pas que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer dans son pays d'origine".
4. Délits et détention : La cour a pris en compte les antécédents judiciaires de M. A... B..., ce qui a contribué à l'absence de toute obligation de protection de l'article 8 de la CEDH : "M. A... B... ne démontre pas une insertion particulière en France étant connu des services de police...".
Interprétations et citations légales
1. Article 8 de la CEDH : La cour a analysé l'application de cet article, qui garantit le droit au respect de la vie privée et familiale, mais permet des ingérences sous certaines conditions : "Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire".
2. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Les dispositions relatives à l'éloignement des étrangers en situation irrégulière et les conditions encadrant les mesures de reconduite au pays ont été scrutées. Le non-respect de ces obligations et l'absence d'éléments justifiant une intégration ont été discutés par la cour.
3. Code de justice administrative (CJA) - Article L. 761-1 : La demande de M. A... B... concernant la mise à la charge de l'État des frais exposés n’a pas été retenue, car le requérant n'a pas obtenu gain de cause dans ses prétentions : "Il y a lieu de rejeter, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1".
En somme, la décision réaffirme le pouvoir de l'autorité administrative dans les cas d'éloignement tout en précisant les droits potentiels des individus sous contraintes, tout en écartant les ressources légales invoquées par M. A... B... portant sur la violation des droits humains et des aspects procéduraux.