Résumé de la décision
M. A..., étudiant, a contesté deux décisions administratives : un jugement du tribunal administratif de Besançon qui a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention "étudiant", et un arrêté préfectoral du 19 décembre 2014 refusant ce renouvellement. Il a soutenu que l'arrêté méconnaît les dispositions légales relatives à la condition d'un titre de séjour pour étudiant. Après examen des éléments fournis, la cour a confirmé le jugement de première instance et rejeté la requête, considérant que la décision préfectorale n'était pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Arguments pertinents
1. Sur l'exigence de sérieux des études : La cour a rappelé que, selon l'article L. 313-7 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'administration doit s'assurer de la réalité et du sérieux des études entreprises par l'étudiant :
- "Ces dispositions permettent à l'administration d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies."
2. Sur les antécédents académiques de M. A... : Il a été constaté que M. A...avait changé d'orientation deux fois en quatre ans sans obtenir de diplôme, avec des résultats académiques jugés insatisfaisants. La cour a noté que les circonstances personnelles évoquées par M. A..., bien que difficiles, ne justifiaient pas la faiblesse des résultats :
- "Il n'est pas établi, au vu de la faiblesse des notes obtenues par l'intéressé et de l'importance des lacunes relevées, que ces circonstances soient seules responsables de l'absence de résultats."
3. Sur l'absence de condamnation des frais d’avocat : Étant donné que l'État n'était pas la partie perdante, la cour a expliqué que la demande de M. A...pour couvrir les frais d’avocat n'était pas recevable :
- "L'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, ne saurait être condamné à verser à l'avocate de M. A...une somme."
Interprétations et citations légales
1. Interprétation de l'article L. 313-7 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
- Cet article impose à l'étudiant de prouver non seulement qu'il est inscrit dans un cursus d'études, mais également que ce cursus présente un caractère réel et sérieux. La cour a interprété cela comme une exigence à la fois de suivi et de résultats académiques.
2. Examen des difficultés personnelles de M. A... :
- La cour a pris soin de donner du poids à ses arguments, mais a jugé que ces difficultés, bien que contraires aux souhaits de l'étudiant, n'excluaient pas la nécessité d'obtenir des résultats académiques concrets. Cela reflète une volonté stricte de l'administration d'exiger des étudiants étrangers un certain niveau de sérieux dans leurs études.
3. Refus de l’application des dispositions de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative :
- En interprétant cet article, la cour a clarifié que l'aide juridictionnelle au bénéfice de M. A...ne peut pas entraîner une obligation de l'État de payer les frais d'avocat puisque celui-ci n'est pas considéré comme la partie perdante dans cette procédure.
Ces points soulignent une tendance juridique tendant à respecter les exigences strictes de rigueur académique pour les étudiants étrangers en France, tout en considérant les circonstances personnelles de chacun dans une mesure raisonnable, mais sans en faire un argument systématiquement valable.