Résumé de la décision
Les requêtes n° 15NC01961 et 15NC01962, présentées par M. et Mme C...B... devant la cour, portent sur l'annulation du jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 9 juin 2015, qui avait rejeté leurs demandes d'annulation des arrêtés préfectoraux leur refusant un titre de séjour. Les requérants soutiennent qu'en raison de leur appartenance à la communauté gorani, ils risquent des traitements inhumains et dégradants dans leur pays d'origine, le Kosovo. La cour a conclu que M. et Mme B... n'étaient pas fondés à soutenir que le jugement attaqué était erroné et a rejeté leurs requêtes, ainsi que les demandes d'injonction et d'indemnisation.
Arguments pertinents
1. Méconnaissance des droits de l'homme : Les requérants affirment être en danger en raison de leur origine ethnique. Toutefois, la cour a noté que « leurs déclarations restent imprécises et peu personnalisées en ce qui concerne les agressions subies ou les raisons ayant causé celles-ci ».
2. Évaluation des preuves : L’absence de preuves concluantes quant à l'existence de menaces réelles au Kosovo a contribué au rejet des requêtes. La cour a souligné que « les intéressés ne versent au dossier aucun élément permettant de tenir pour établie l'existence de menaces réelles à leur encontre ».
3. Décision de l'OFPRA et de la CNDA : La cour a appuyé sa décision sur les conclusions de l'OFPRA et de la CNDA qui avaient considéré les déclarations des requérants comme peu vraisemblables, notant que les « faits rapportés » ne constituaient pas des preuves suffisantes concernant le danger auquel ils seraient confrontés au Kosovo.
Interprétations et citations légales
1. Convention Européenne des Droits de l'Homme : Selon l'article 3, « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des traitements inhumains ou dégradants ». La cour a analysé ce cadre juridique dans le contexte de la situation du requérant.
2. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Les demandes d'asile essentiellement basées sur des craintes infondées ou non documentées ne peuvent pas valider un droit de séjour. La cour a utilisé ce cadre pour évaluer la crédibilité des preuves fournies par les requérants.
3. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : La cour a également rejeté les demandes d'indemnisation au titre de cet article qui permet de condamner l'État à payer des frais judiciaires lorsque la partie perdante a eu des frais. La décision dans ce cas a été que les demandeurs ne pouvaient pas justifier leur demande d'indemnisation, renforçant ainsi leur statut de partie perdante dans l'affaire.
La décision de la cour souligne l'importance de preuves tangibles et crédibles dans les demandes d'asile, ainsi que le rôle essentiel des décisions administratives antérieures relatives à l'asile dans l'évaluation des requêtes judiciaires ultérieures.