Résumé de la décision
La requête de Mme C... a été rejetée par le tribunal. Elle contestait le refus de la préfecture de Meurthe-et-Moselle de lui accorder un titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire. Mme C... soutenait que ce refus était illégal compte tenu de son appel auprès de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) sur la décision de l'OFPRA, et qu'elle risquait des dangers en cas de retour dans son pays d'origine. Le tribunal a jugé que le refus de titre de séjour ne pouvait pas être contesté sur la base des arguments présentés, et a en conséquence également rejeté la contestation de l'obligation de quitter le territoire.
Arguments pertinents
1. Inapplicabilité du protocole n° 7 : Le tribunal a relevé que le protocole n° 7 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ne s'applique qu'aux étrangers résidant légalement dans un État membre, ce qui exclut Mme C... dans le cadre de son recours. Sa contestation ne peut donc être fondée sur cet article.
> "Le protocole n° 7 à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme [...] ne concerne, aux termes de son article 1er 1°, que les étrangers résidant régulièrement sur le territoire."
2. Absence de caractère suspensif de l'appel : Le tribunal a noté que l’appel d’une décision de l’OFPRA n’exerce pas de suspension automatique des effets de cette décision. Aucune disposition législative n'assure un caractère suspensif et Mme C... n’a pas prouvé que le non-respect de ce principe était contraire à la convention européenne.
> "Aucun texte législatif ou réglementaire ni aucun principe général du droit ne confère, en tout état de cause, un caractère suspensif à cet appel."
3. Risques en cas de retour : La contestation de Mme C... sur les risques potentiels qu'elle encourrait en cas de retour dans son pays n'est pas d'application dans le cadre du refus de titre de séjour, puisque cette décision ne conduit pas à un renvoi immédiat.
> "Mme C... ne saurait utilement soutenir à l'encontre de la décision lui refusant un titre de séjour [...] qu'elle encourrait des risques en cas de retour dans ce pays."
Interprétations et citations légales
Dans cette décision, plusieurs textes de loi ont été interprétés et appliqués :
1. Convenance du protocole n° 7 : Il est mentionné que le protocole ne protège pas les étrangers non régularisés. Cette interprétation souligne la nécessité pour les étrangers de résider légalement pour invoquer des droits liés à la protection contre l'expulsion.
> Article 1er 1° du protocole n° 7 : "ne concerne que les étrangers résidant régulièrement".
2. Légalité des décisions sur les demandes d'asile : En vertu des articles du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les décisions prises par l’OFPRA ne sont pas suspensives en appel, limitant ainsi les droits des demandeurs pendant l'attente de jugement.
> Article L. 723-1 : "Les décisions prises par l’Office dans le cadre de la procédure prioritaire ne peuvent... être suspendues par un recours".
3. Code de justice administrative : Ce code, en particulier l’article L. 761-1 concernant les frais d’instance, est pertinent pour les demandes de remboursement des frais engagés lors des procédures judiciaires.
En conclusion, les décisions de la préfecture, ainsi que les requêtes de Mme C..., ont été analysées à la lumière des textes légaux en vigueur, et le tribunal a statué sur la base de l’absence de fondement juridique solide pour contester les décisions administratives.