Résumé de la décision
Mme B... a interjeté appel d'un jugement rendu par le tribunal administratif de Nantes le 19 novembre 2019, qui rejetait sa demande d'annulation d'une décision du ministre de l'intérieur, datant du 25 août 2016, concernant le refus de communication de son dossier de naturalisation. Par un arrêt du 11 juin 2021, la cour administrative d'appel a déclaré que le jugement attaqué était rendu en premier et dernier ressort, et qu'aucun appel n'était possible. Elle a donc décidé de transmettre le dossier au Conseil d'État pour qu'il se prononce.
Arguments pertinents
1. Recevabilité de l'appel : La cour constate que le jugement attaqué a été statué en premier et dernier ressort par le tribunal administratif, ce qui interdit un appel selon l'article R. 811-1 du code de justice administrative : "Toute partie présente dans une instance devant le tribunal administratif... peut interjeter appel... Toutefois, le tribunal administratif statue en premier et dernier ressort..."
2. Transmission au Conseil d'État : La cour fait application de l'article R. 351-2 du code de justice administrative, précisant que le président doit transmettre le dossier au Conseil d'État lorsqu'une affaire ne peut être contestée devant la cour administrative d'appel : "Lorsqu'une cour administrative d'appel... est saisi de conclusions qu'il estime relever de la compétence du Conseil d'État, son président transmet, sans délai, le dossier au Conseil d'État qui poursuit l'instruction de l'affaire..."
Interprétations et citations légales
- Application de l'article R. 811-1 : Cet article précise que certains litiges, notamment ceux portant sur la communication de documents administratifs, ne sont pas susceptibles d'appels devant les cours administratives d'appel. La cour interprète cette règle strictement, soulignant que seul un pourvoi en cassation - et non un appel - est possible dans ce cas.
- Transmission au Conseil d'État : En vertu de l'article R. 351-2, il est impératif que le dossier soit transmis au Conseil d'État lorsque la situation juridique le requiert. L'article souligne que cette transmission doit se faire sans délai, ce qui souligne l'importance de la séparation des compétences entre les juridictions administratives et le Conseil d'État : "son président transmet, sans délai, le dossier au Conseil d'État qui poursuit l'instruction de l'affaire..."
Cette décision illustre le cadre procédural rigoureux qui régit le traitement des recours en matière de documents administratifs, empêchant ainsi des abus de la procédure appelante dans les situations où la loi ne le permet pas.