Résumé de la décision
M. C..., un ressortissant algérien, a formé un recours contre un jugement du tribunal administratif d'Orléans qui avait rejeté sa demande d'annulation d'un arrêté préfectoral du 1er mars 2017. Cet arrêté refusait de lui délivrer un titre de séjour et ordonnait son expulsion du territoire français, fixant le pays de retour. La cour a confirmé la décision du tribunal, estimant que M. C... n'avait pas justifié d'un séjour ininterrompu en France et que le préfet n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
Arguments pertinents
1. Justification du séjour :
M. C... affirmait résider en France de manière ininterrompue depuis 2005, mais il n’a pas pu fournir la preuve de sa résidence entre 2007 et 2008. Le tribunal a jugé qu'il n'avait pas établi le caractère continu de son séjour, ce qui le rendait inéligible à la délivrance de titre de séjour selon l'accord franco-algérien.
Citation : « [...] il n'est apporté aucune preuve de sa résidence en France entre le 13 juillet 2007 [...] et le 2 septembre 2008. »
2. Liens en France :
Bien que M. C... affirmât avoir développé des attaches en France, les preuves fournies (activités bénévoles) n’étaient pas suffisantes pour démontrer l'intensité de ces liens. De plus, sa situation familiale ne justifiait pas une exemption des mesures d'expulsion.
Citation : « [...] les attestations produites [...] ne suffisent pas à justifier de la réalité et de l'intensité des liens personnels qu'il aurait pu tisser en France. »
3. Conformité avec la convention européenne :
La cour a examiné si l'arrêté de refus de séjour et d'éloignement contrevenait aux droits stipulés par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. M. C... n'étant pas en situation d'attaches familiales significatives en France, le préfet a agi dans les limites de son pouvoir discrétionnaire.
Citation : « [...] le préfet n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. »
Interprétations et citations légales
1. Accord franco-algérien :
Selon l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, un certificat de résidence d'un an mentionnant "vie privée et familiale" est accordé de plein droit aux ressortissants algériens justifiant d’une résidence de plus de dix ans en France. M. C... ne pouvait pas revendiquer ce droit en raison de l'absence de preuves de résidence.
2. Circulaire du ministre :
La cour a réfuté la validité de la circulaire NOR INTK 1229185C du 28 novembre 2012, la qualifiant de non règlementaire et donc d'inefficace pour contrecarrer la décision du préfet.
3. Convention européenne :
L'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales garantit le droit au respect de la vie privée et familiale, mais dans le cas de M. C..., ses attaches familiales étaient jugées trop faibles pour contraindre le préfet à adopter une décision en sa faveur.
En conclusion, la Cour a confirmé l'absence de fondement de la requête de M. C..., validant ainsi les décisions administratives prises à son encontre.