Résumé de la décision :
Dans cette affaire, M. et Mme C..., ressortissants serbes, ont formé appel auprès de la cour administrative de Nantes pour contester le jugement du tribunal administratif de Nantes en date du 31 mai 2016. Ce jugement avait rejeté leurs demandes d'annulation des décisions du ministre de l'intérieur qui avaient ajourné leurs demandes de naturalisation pour une durée de deux ans. Les appelants ont soutenu que ces décisions étaient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation. La cour a décidé de rejeter les requêtes de M. et Mme C..., considérant que les décisions étaient justifiées et que l'État n'était pas tenu au versement des frais d'avocat.
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Arguments pertinents :
1. Erreur manifeste d'appréciation : Les appelants ont réitéré devant la cour le moyen selon lequel les décisions du ministre de l'intérieur étaient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation. Cependant, la cour a adopté les motifs retenus par les juges de première instance pour écarter cet argument : "il y a lieu d'écarter, par adoption des motifs retenus par les premiers juges, le moyen tiré de ce que les décisions contestées seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation".
2. Frais de justice : Les requérants ont également sollicité que les frais exposés soient mis à la charge de l'État. La cour a indiqué que les dispositions légales à cet égard, notamment celles concernant l'aide juridictionnelle, ne permettent pas un tel versement lorsque l'État n'est pas la partie perdante dans la cause.
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Interprétations et citations légales :
1. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article stipule que "la partie qui perd le procès peut être condamnée à payer à l'autre partie une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens." Dans le contexte de cette décision, la cour a précisé que "ces dispositions font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance," indiquant que la partie qui demande la condamnation en frais doit être celle qui a gagné.
2. Loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 - Article 37 : Cet article détermine les conditions selon lesquelles l'État pourrait être tenu à une telle condamnation. La cour mentionne que "les dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991" ne s'appliquent pas, car l'État n'est pas considéré comme la partie perdante dans cette affaire.
Ces interprétations illustrent la rigueur avec laquelle la cour considère les questions d'aide juridictionnelle et la nécessité d'un fondement juridique solide pour toute demande de paiement de frais d'avocat.