Résumé de la décision
M. A... a formé appel contre un jugement du tribunal administratif de Nantes, rendu le 14 décembre 2017, qui a rejeté sa demande d'annulation d'une décision du ministre de l'intérieur datant du 11 décembre 2015, rejetant sa demande de naturalisation. Le tribunal a confirmé la légitimité de la décision du ministre, en tenant compte des antécédents judiciaires de M. A..., notamment des faits de violence, et a estimé qu'il n'y avait pas eu d'erreur manifeste d'appréciation. La cour a ainsi rejeté la requête de M. A..., y compris ses demandes d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles relatives aux frais d'avocats.
Arguments pertinents
1. Compétence du signataire : La cour a d'abord écarté l'argument concernant l'incompétence du signataire de la décision contestée. Elle a confirmé la délégation de signature donnée par Mme D..., directrice de l'accueil et de l'accompagnement des étrangers, à M. C...B..., ce qui confère la légitimité à l’acte du ministre de l'intérieur.
> "Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée doit être écarté."
2. Appréciation de l'opportunité de la naturalisation : La cour a confirmé que le ministre de l'intérieur dispose d'un large pouvoir d'appréciation en matière de naturalisation. Dans son examen, il peut prendre en compte des éléments défavorables liés au comportement du postulant.
> "Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte les renseignements défavorables recueillis sur le comportement du postulant."
3. Nature des antécédents judiciaires : M. A... avait des antécédents de violences en 2004 et 2006, indiquant une gravité suffisante pour justifier le rejet de sa demande. Les circonstances entourant ces actes ne permettent pas de les considérer comme dénués de gravité, même en l'absence de nouvelles mises en cause depuis lors.
> "Eu égard à leur nature et à leur gravité, le ministre [...] a pu, [...] rejeter la demande de M. A... sans entacher sa décision d'erreur manifeste d'appréciation."
Interprétations et citations légales
1. Article 21-15 du Code civil : Cet article établit que la naturalisation est une décision de l'autorité publique, et que le ministre chargé des naturalisations a le pouvoir d'apprécier l'opportunité d'accorder cette naturalisation.
> "L'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger."
> (Code civil - Article 21-15)
2. Décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, article 48 : Ce décret autorise le ministre à rejeter la demande de naturalisation s'il estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder celle-ci, prenant en compte les circonstances personnelles du demandeur.
> "Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation, il prononce le rejet de la demande."
> (Décret n° 93-1362 - Article 48)
En conclusion, la décision de la cour confirme que le ministre de l'intérieur peut légalement rejeter une demande de naturalisation sur la base d'antécédents judiciaires, et que le signataire de la décision contestée était compétent, écartant ainsi les arguments du requérant.