Résumé de la décision
Dans l'affaire présentée, Mme I..., réfugiée congolaise en France, a demandé la délivrance de visas de long séjour pour ses enfants, Jose Atosha B..., Sarah Atosha D..., et Mado Atosha A..., en vertu du droit à la réunification familiale. Après le rejet de leur demande par les autorités consulaires en 2015 et une décision de la commission de recours confirmant ce rejet, Madame I... a saisi la cour administrative d'appel de Nantes qui, par un arrêt du 19 juin 2020, a annulé la décision de la commission et a enjoint au ministre de l'intérieur de délivrer les visas dans un délai d’un mois. Suite à l'inaction du ministre, Mme I... a demandé l'exécution de cet arrêt, ce qui a abouti à une nouvelle procédure où la cour a enjoint au ministre de délivrer les visas sous astreinte de 50 euros par jour de retard si cela n'était pas fait dans un délai de quinze jours.
Arguments pertinents
Les arguments clés de la décision se fondent sur le droit à la réunification familiale et l'obligation des autorités françaises de respecter les décisions juridictionnelles. La cour a noté que :
- "Le ministre de l'intérieur, qui n'a pas produit de mémoire, ne fait valoir aucune circonstance de nature à faire obstacle à la délivrance des visas sollicités."
- En se basant sur l'article L. 911-4 du code de justice administrative, la cour insiste sur le devoir du ministre de se conformer à ses obligations légales suite à la décision judiciaire préalablement rendue.
La cour a donc décidé d'enjoindre au ministre de procéder à la délivrance des visas, soulignant ainsi le caractère exécutoire d'une décision de la cour administrative d'appel.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur des normes et articles de droit administratif français, notamment :
1. Code de justice administrative - Article L. 911-4 :
Cet article permet à un justiciable d'obtenir du juge qu'il enjoigne à l'administration de prendre les mesures nécessaires à l'exécution d'un arrêt rendu, affirmant ainsi le caractère contraignant des décisions judiciaires.
2. Code de justice administrative - Article R. 921-6 :
Cet article autorise l'ouverture d'une procédure juridictionnelle pour examiner les demandes d'exécution des décisions judiciaires, ce qui a permis à Mme I... de recueillir l’attention du président de la cour pour exiger l’exécution de l'arrêt du 19 juin 2020.
La cour établit ainsi qu'en l'absence de justification de la part du ministre de l'Intérieur pour son inaction, il y a lieu d'obtenir une exécution immédiate des décisions de justice afin de protéger les droits des parties concernées :
- "Il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer les visas sollicités dans un délai de quinze jours."
Ces références légales démontrent la prééminence du judiciaire sur l'administration en matière de respect des droits individuels, notamment dans des situations de regroupement familial.