Résumé de la décision
M. B...D..., un ressortissant camerounais, a fait appel d'un jugement du tribunal administratif de Nantes qui avait rejeté sa demande d'annulation d'une décision du ministre de l'intérieur. Cette décision, prise le 30 avril 2013, ajournait à deux ans sa demande de naturalisation. M. B...D...a soutenu qu'il était parfaitement intégré en France, qu'il travaillait, et qu'il était père d'un enfant français, mais la cour a confirmé la légalité de l'ajournement en raison de son absence de ressources suffisantes et stables au moment de la décision. La cour a également rejeté ses demandes d'injonction et de frais.Arguments pertinents
1. Sur la légalité de l'ajournement :La cour a rappelé que "l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger" (Code civil - Article 21-15). Le ministre a un large pouvoir d'appréciation concernant l'opportunité d'accorder la nationalité, notamment en tenant compte de l'insertion professionnelle du demandeur.
2. Sur les conditions d'insertion professionnelle :
Lors de l'examen de la demande, le ministre a constaté que M. B...D...n'avait pas réalisé "pleinement son insertion professionnelle" car il était demandeur d'emploi et dépendait de prestations sociales au moment de la décision. Il a notamment déclaré des revenus de 157 euros en 2009, 11 084 euros en 2010, et 11 712 euros en 2011, ce qui ne démontre pas une stabilité des ressources suffisantes.
3. Sur la considération des circonstances personnelles :
Bien que M. B...D...argumente qu'il est père d'un enfant français et qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public, la cour a précisé que "ces circonstances sont sans incidence sur la légalité de la décision contestée eu égard au motif sur lequel elle se fonde". La cour a donc maintenu que ces éléments personnels ne suffisent pas à annuler la décision du ministre.
Interprétations et citations légales
- Code civil - Article 21-15 : Cet article établit le cadre juridique pour l'acquisition de la nationalité française par naturalisation. La décision d'accorder la naturalisation est laissée à l'appréciation de l'autorité publique, soulignant que le ministre peut conditionner cette naturalisation à des critères d'insertion.- Décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 - Article 48 : Ce texte précise que si le ministre estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation, il peut prononcer un ajournement. L'ajournement est donc un outil de gestion administrative permettant d'évaluer des critères comme la stabilité économique et l'insertion sociale du demandeur avant de prendre une décision définitive.
La décision de la cour illustre ainsi le large pouvoir d'appréciation dont dispose le ministre des naturalisations dans l'évaluation des demandes de naturalisation, et les diverses circonstances personnelles doivent être substantielles pour influencer cette appréciation. En l'espèce, le manque de ressources stables a prévalu sur les autres arguments avancés par M. B...D..., rendant son recours sans succès.