Résumé de la décision :
M. B...A..., ressortissant malien, a contesté devant la cour l'ordonnance du tribunal administratif de Nantes du 28 avril 2015, qui avait rejeté sa demande d'annulation des décisions du ministre de l'intérieur, datées du 26 juillet et du 11 octobre 2012, refusant l'acquisition de la nationalité française. La cour a confirmé le jugement du tribunal, concluant que les décisions du ministre de l'intérieur étaient justifiées et qu'il n'y avait pas d'erreur manifeste d'appréciation dans le rejet des demandes.
Arguments pertinents :
1. Insuffisance de motivation : La cour a déclaré que le moyen d'insuffisance de motivation des décisions, invoqué pour la première fois en appel, n'était pas recevable. En effet, cela représente une cause juridique distincte et n'a pas été discutée en première instance.
> "le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions contestées... n'est pas recevable et ne peut, dès lors, qu'être écarté."
2. Respect de la vie privée et familiale : La cour a considéré qu'une décision de rejet de naturalisation ne porte pas atteinte au respect de la vie privée et familiale, rendant l'argument inopérant.
> "une décision rejetant une demande de naturalisation n'est pas, par nature, susceptible de porter atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale..."
3. Erreur manifeste d’appréciation : La cour a jugé que le ministre avait validement pris en considération le comportement fiscal de M. A..., notamment le fait qu'il avait déclaré deux enfants à charge décédés en 2007 pour des impôts antérieurs. La cour a donc confirmé que le ministre n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
> "le ministre a pu, eu égard au large pouvoir dont il dispose pour apprécier l'opportunité d'accorder la nationalité française... rejeter... la demande de naturalisation".
Interprétations et citations légales :
1. Sur le pouvoir d'appréciation du ministre : La cour s’appuie sur l'article 21-15 du Code civil, établissant que l'acquisition de la nationalité française est soumise à une appréciation discrétionnaire du ministre.
> Code civil - Article 21-15 : "Hors le cas prévu à l'article 21-14-1, l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger."
2. Sur le cadre légal de la décision : Elle cite également l'article 48 du décret n° 93-1362, qui précise les prérogatives du ministre concernant le rejet ou l'ajournement des demandes de naturalisation.
> Décret n° 93-1362 - Article 48 : "Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation... il prononce le rejet de la demande."
3. Sur le contrôle de l'erreur manifeste : La cour précise que les décisions peuvent être contestées sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, mais ce contrôle ne s'étend pas au fond des considérations du ministre.
4. Sur la motivation des décisions : L'irrecevabilité du moyen concernant l'insuffisance de motivation des décisions souligne l'importance de la rigueur procédurale dans la présentation des arguments en appel.
L'ensemble de ces éléments montre que la décision du ministre a été considérée comme conforme au droit applicable, tant sur le fond que sur la forme.