Résumé de la décision
Dans cette affaire juridictionnelle, Mme A...C..., ressortissante de la République démocratique du Congo, se voit refuser le droit de séjour en France par le préfet d'Ille-et-Vilaine suite à sa demande restée sans effet. Elle conteste cette décision par le biais d'un recours devant la cour administrative, soutenant qu'elle et ses enfants doivent pouvoir rester en France pour des raisons d'attaches familiales et d'intégration. Toutefois, le tribunal administratif de Rennes se prononce contre elle par un jugement du 16 novembre 2016, confirmant le refus de titre de séjour. La Cour administrative d'appel de Nantes valide cette décision le 9 juin 2017, estimant que Mme C... ne démontre pas d'attaches familiales suffisamment solides en France pour justifier son séjour.
Arguments pertinents
1. Durée et nature du séjour: La cour souligne que Mme C... n'a séjourné en France que pendant l'instruction de ses demandes et que son compagnon se trouve également en situation irrégulière. Elle ne démontre pas que son départ de France nuirait à ses enfants.
> Citation: « … il ressort toutefois des pièces du dossier que la requérante n'a résidé sur le territoire national que durant le temps d'instruction de ses nombreuses demandes de titres de séjour... »
2. Équilibre familial: La décision stipule qu'il n'existe pas de raison valable de maintenir la requérante et sa famille en France, la possibilité de reconstituer la cellule familiale en République démocratique du Congo est mise en avant.
> Citation: « … rien ne s'oppose à ce que Mme C... et M. D..., qui font tous les deux l'objet d'un refus de titre de séjour, reconstituent la cellule familiale en République démocratique du Congo... »
3. Conformité aux normes internationales: La cour conclut que la décision contestée respecte les obligations internationales, notamment concernant l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et l'article 3 de la Convention relative aux droits de l'enfant.
> Citation: « … la décision contestée ne méconnaît ni les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni celles de l'article L. 313-14 de ce code, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne... »
Interprétations et citations légales
1. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile:
- Article L. 313-11: Cet article stipule les conditions d'octroi d'un titre de séjour, notamment pour des raisons familiales.
- Article L. 313-14: Cet article traite des cas dans lesquels un étranger peut être autorisé à séjourner en France par le préfet, en tenant compte des "caractéristiques de sa situation".
Les interprétations données par la cour montrent que la durée de séjour et le caractère irrégulier de la présence en France de Mme C... ne justifient pas un titre de séjour, même en tenant compte de ses enfants.
2. Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme - Article 8:
- Cet article garantit le droit au respect de la vie privée et familiale. La cour constate que la séparation de la famille n'est pas en soi illégitime si les attaches familiales dans le pays d'origine existent.
> Citation: « … ainsi, et eu égard à la durée et aux conditions du séjour de l'intéressée en France, la décision contestée ne méconnaît [...] les stipulations de l'article 8 de la convention européenne... »
3. Convention internationale relative aux droits de l'enfant - Article 3:
- Cet article impose à tous les États de considérer avant tout l'intérêt de l’enfant. La cour ancre sa décision sur l'absence de preuves d'attaches familiales qui justifieraient maintenir la famille en France.
En résumé, la cour valide la décision de rejet du titre de séjour en appuyant sur les éléments de droit administratif et international, estimant ainsi que la situation familiale de Mme C... n'est pas suffisante pour contester le refus de séjour.