Résumé de la décision
Madame A..., ressortissante chinoise, a formé appel contre un jugement du 4 mai 2016 du tribunal administratif d'Orléans qui rejetait sa demande d'annulation d'un arrêté du préfet d'Indre-et-Loire. Cet arrêté refusait de lui délivrer un titre de séjour et lui imposait de quitter le territoire français. La cour a confirmé le jugement en rejetant les arguments de Mme A..., retenant que les décisions du préfet ne méconnaissaient pas ses droits, notamment en vertu de la convention européenne des droits de l'homme et de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.Arguments pertinents
1. Droit à l'éducation : La Cour a expliqué que Mme A... ne pouvait pas se prévaloir des stipulations de l'article 28 de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant, qui reconnaît le droit à l'éducation. Les juges ont souligné que ces stipulations créent des obligations entre États sans ouvrir de droit aux particuliers, ce qui n’est pas utile dans un recours pour excès de pouvoir.- Citation pertinente : "l’intéressée ne peut pas utilement invoquer, à l'appui de son recours pour excès de pouvoir, ces stipulations, lesquelles créent des obligations entre Etats sans ouvrir de droit aux particuliers."
2. Contradiction sur la nationalité : Concernant la désignation de la Chine comme pays de destination, la Cour a précisé que Mme A... ne pouvait contester la décision du préfet en raison de la contradiction alléguée avec un jugement antérieur de la Cour nationale du droit d'asile qui ne reconnaissait pas sa nationalité chinoise. En effet, elle s'était présentée comme chinoise lors de sa demande d'asile.
- Citation pertinente : "la décision désignant le pays de destination en litige indique que Mme A... est de nationalité chinoise."
3. Risques de persécution : La Cour a également conclu que Mme A... n'avait pas fourni de preuves suffisantes sur les risques de persécution en cas de retour en Chine, écartant ainsi son argumentation fondée sur l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.
- Citation pertinente : "en se bornant à produire des documents d'ordre général sur la situation de la minorité mongole en Chine, Mme A... n'établit pas la réalité des risques de persécutions personnellement encourus en cas de retour dans son pays d'origine."
Interprétations et citations légales
Les textes de loi appliqués dans cette décision incluent des conventions et des articles qui traitent des droits des enfants et de la protection des individus. Voici quelques interprétations des textes légaux :1. Convention Internationale relative aux Droits de l'Enfant - Article 28 : Cet article stipule que les États parties reconnaissent le droit de l'enfant à l'éducation. Cependant, la Cour a interprété que cela crée des obligations envers d'autres États sans pouvoir d'invocabilité par des particuliers dans un cadre de recours administratif.
2. Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales - Article 3 : Cet article interdit les traitements inhumains et dégradants. La Cour a déterminé que Mme A... n’avait pas démontré de manière suffisante les risques réels auxquels elle ferait face en raison de son origine ethnique en cas de retour.
3. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article envisage la possibilité d’une indemnité pour les frais engendrés par la procédure. La demande de Mme A... d'une indemnité a été rejetée, en raison du rejet global de son recours, confirmant que les conditions pour l'octroyer n'étaient pas remplies.
La décision de la Cour établit un équilibre entre la protection des droits individuels et les obligations des États, tout en affirmant la nécessité d'une preuve substantielle pour des allégations de traitements inhumains ou de violation des droits liés à l'éducation.