Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. A...D..., un ressortissant centrafricain, conteste l'arrêté du 25 octobre 2016 qui l'assignait à résidence pour une durée de 45 jours, après son entrée irrégulière en France. Le tribunal administratif de Nantes avait rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté, considérant que la mesure était légale. En appel, la cour confirme cette décision, estimant que l'assignation à résidence était justifiée en raison de la possibilité d'exécution de la mesure d'éloignement, même si M. D... avait interrogé la légalité de sa réadmission en Espagne.
Arguments pertinents
1. Perspective d'exécution de la mesure : La cour a déclaré que "la seule circonstance que M. D... avait contesté l'arrêté préfectoral de remise aux autorités espagnoles... n'était pas de nature à écarter toute perspective d'exécution de cette décision". Cela démontre que le simple fait de contester une mesure ne remet pas automatiquement en question la légalité de l’assignation à résidence.
2. Conséquences personnelles : Concernant l'importance de la présence de son frère, la cour a estimé que cela n’avait "aucune incidence sur la légalité de l'arrêté contesté", indiquant que l'objectif de l'assignation à résidence reste prédominant par rapport à la situation personnelle de l'intéressé.
3. Obligation de présentation : La cour a noté que "l'obligation de présentation mise à sa charge n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation". L'argument selon lequel cette obligation était excessivement contraignante n’a pas été suffisamment étayé par les preuves fournies par M. D...
Interprétations et citations légales
1. Légalité de l'assignation à résidence : Selon le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) - Article L. 561-2, l'assignation à résidence est une mesure alternative au placement en rétention, si une mesure d'éloignement est une perspective raisonnable. La cour a appliqué ce texte en confirmant que le maintien de l’assignation était justifié par la situation concernant M. D...
2. Droit à la vie privée et familiale : L'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, qui protège le droit au respect de la vie privée et familiale, a été invoqué, mais la cour a conclu que les arguments présentés par M. D... ne justifiaient pas l'annulation de l'arrêté, signalant que "les moyens tirés de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur la vie personnelle de l'intéressé" étaient à écarter.
3. Examen médical et contraintes : La présentation quotidienne au commissariat a été considérée comme légale. Le certificat médical n’a pas été jugé suffisant pour alléger cette obligation, la cour concluant qu'il n'était pas de nature à "justifier qu'il y soit dérogé".
Cette décision met en lumière la manière dont la cour interprète les dispositions pertinentes du CESEDA et les droits de l'homme dans le cadre des mesures liées à l'immigration, le tout en veillant à aligner les décisions sur la légalité des mesures administratives.