Résumé de la décision
Mme C..., ressortissante sénégalaise, a interjeté appel contre un jugement du tribunal administratif de Nantes, qui avait rejeté sa demande d'annulation d'une décision du ministre de l'Intérieur datée du 21 décembre 2012, refusant sa demande de naturalisation française. Le ministre a justifié son refus par le fait que Mme C... ne pouvait pas être considérée comme assimilée à la société française en raison de la situation maritale de son compagnon, M. B..., qui était marié à une autre personne. La cour a confirmé le jugement du tribunal administratif, estimant que Mme C... n'était pas fondée à soutenir que la décision du ministre était erronée.
Arguments pertinents
1. Cosignification de l'assimilation à la communauté française : La cour a soutenu que, conformément à l'article 21-24 du Code civil, un individu doit justifier de son assimilation à la communauté française, ce qui inclut le respect des valeurs et des principes républicains :
> "Nul ne peut être naturalisé s'il ne justifie de son assimilation à la communauté française, notamment par une connaissance suffisante des droits et devoirs conférés par la nationalité française ainsi que par l'adhésion aux principes et aux valeurs essentiels de la République."
2. Critère de vie maritale et de connaissance de la situation personnelle : La cour a noté que Mme C... avait vécu avec M. B... et avait eu plusieurs enfants avec lui, malgré sa situation maritale avec une autre personne. La cour a estimé qu'elle ne pouvait pas ignorer cette situation :
> "Mme C... ne peut ainsi sérieusement soutenir, compte tenu de la durée de leur vie commune, avoir été tenue dans l'ignorance de la situation maritale du père de ses propres enfants."
Interprétations et citations légales
1. L'assimilation et ses implications : Le Code civil stipule que l'assimilation à la communauté française nécessite une adhésion aux valeurs fondamentales. Dans ce contexte, la situation maritale de Mme C..., en lien avec les valeurs de la République, a été analysée. Selon l'article 21-15 du Code civil :
> "L'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger."
Cela implique que les demandes doivent être conformes non seulement sur le plan juridique mais aussi sur le plan éthique et moral.
2. Évaluation par le ministre : Le ministre a exercé son jugement sur la situation personnelle de la requérante, et la cour a confirmé qu'il n'y avait pas d'erreur manifeste d'appréciation dans sa décision, soulignant que le ministre peut légitimement fonder sa décision sur des circonstances maritale :
> "le ministre a pu estimer, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, que Mme C... ne justifiait pas de son assimilation à la communauté française."
Ainsi, cette décision illustre l'importance, dans le cadre des demandes de naturalisation, non seulement de répondre à des critères juridiques, mais aussi de démontrer une adhésion significative aux valeurs et aux normes culturelles de la société française.