Résumé de la décision
Par un jugement rendu le 4 février 2020, la cour administrative d'appel a rejeté la requête de M. E... qui contestait l'arrêté du 6 décembre 2016 fixant la date d'effet de sa révocation au 22 juin 2016, alors qu'il était en congé de maladie. M. E... soutenait que la date d'effet de la sanction aurait dû être différée jusqu'à la fin de son arrêt de travail, soit au 15 mai 2017. La cour a considéré que la décision disciplinaire pouvait être mise en œuvre indépendamment de l'état de santé de l'agent.
Arguments pertinents
1. Validité de la sanction disciplinaires malgré l'état de santé :
La cour a conclu que le fait qu'un agent soit en congé de maladie ne constitue pas un obstacle à l'exercice de l'action disciplinaire. Ainsi, la cour a énoncé : « la circonstance qu'un agent soit placé en congé pour maladie ne fait pas obstacle à l'exercice de l'action disciplinaire à son égard ni, le cas échéant, à l'entrée en vigueur d'une décision de révocation ». Cet argument a conduit à la validation de l'arrêté pris par la présidente du SICTOM.
2. Injonction non fondée :
Étant donné que la requête de M. E... a été rejetée, la cour a également déclaré que les conclusions à fin d'injonction devaient être rejetées, précisant que le jugement qui n'impliquait aucune mesure d'exécution.
3. Frais de procédure :
La cour a indiqué que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative empêchaient de mettre à la charge du SICTOM les frais de procédure, étant donné qu'il n'était pas la partie perdante. De même, elle a refusé de mettre M. E... à la charge de la somme réclamée par le SICTOM.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 761-1 du code de justice administrative :
Selon cet article, les frais de justice peuvent être mis à la charge de la partie perdante. La cour a appliqué cette disposition en précisant que « les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge du SICTOM de Montoire-sur-le-Loir et La Chartre-sur-le-Loir… la somme réclamée par M. E... ».
2. Légalité de la sanction en lien avec le congé maladie :
Le caractère exécutoire d'une sanction disciplinaire même en cours de congé maladie est soutenu par l'interprétation de la législation relative aux droits et obligations des agents publics. La cour a souligné que, selon la loi n° 83-634 du 11 janvier 1983, le maintien en fonction d'un agent lors d'un congé de maladie n'implique pas l'irrecevabilité des procédures disciplinaires.
3. Rappel des normes disciplinaires :
La loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 définit les sanctions disciplinaires applicables aux agents. La cour a statué sur le fait que la mise en œuvre de la sanction devait suivre l'autorité compétente, indépendamment de l'état de santé de l'agent.
En conclusion, la cour a clairement établi que les sanctions disciplinaires peuvent être exécutées à tout moment, indépendamment des arrêts de travail pour maladie, renforçant ainsi les prérogatives de l'administration dans le cadre des mesures disciplinaires.