Résumé de la décision
M. B... et Mme D..., représentés par Me F..., contestent une mise en demeure de payer et une décision implicite de rejet de leur recours préalable, en raison d'une somme due à l'État pour des indemnités d'occupation liées à une expulsion locative. Ils demandent l'annulation de l'ordonnance du tribunal administratif de Melun déclarant la juridiction incompétente. La cour, après examen, rejette leur requête, confirmant que ce litige relève de l'ordre judiciaire en tant que créance de nature privée, dans le cadre de l'action de subrogation de l'État envers le bailleur.
Arguments pertinents
1. Incompétence de la juridiction administrative : La cour déclare à juste titre que le tribunal administratif n'est pas compétent pour traiter ce litige, précisant que l'État agit en tant que subrogé du bailleur dans une créance de nature privée. Cela repose sur le principe que "la juridiction compétente pour connaître du litige afférent à l'action du subrogé est celle qui a compétence pour connaître de l'action principale du subrogeant".
2. Subrogation de l'État : La décision souligne que l'État, ayant versé des indemnités à un bailleur, se retrouve avec des droits à recours contre les débiteurs, déclarant que "seuls les tribunaux de l'ordre judiciaire sont compétents pour statuer sur le litige relatif au titre de recettes de l'État".
3. Créance de nature privée : La cour identifie que la somme contestée, issue d'un titre de perception daté du 28 juin 2013, est intrinsèquement liée à la créance privée entre les parties en cause, réaffirmant que l'affaire doit être portée devant la justice judiciaire et non administrative.
Interprétations et citations légales
- Détermination de la compétence : L'article pertinent du Code de justice administrative théorise que "les litiges relatifs à une créance qui auraient un caractère privé relèvent de la compétence des juridictions judiciaires" (article L. 411-1).
- Subrogation et droits : Le droit de subrogation est encadré par le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012, qui stipule que "lorsque l'État indemnise un créancier, il est subrogé dans les droits de ce créancier". Cela signifie que l'État peut poursuivre le débiteur pour récupérer les sommes versées au créancier initial.
- Prescriptions : Alors que les requérants clament que la dette est prescrite, la cour rappelle que la question de la prescription ne peut être tranchée que par la justice compétente, à savoir le tribunal judiciaire, dans le cadre de l’action principale.
- Article L. 761-1 du code de justice administrative : La cour refuse également de faire supporter les frais du litige par l'État, considérant qu'il n’est pas partie perdante.
Cette décision illustre comment les règles sur la compétence des juridictions interagissent avec les concepts de subrogation et de créances privées, soulignant l'importance de la détermination correcte du cadre juridique applicable.