Résumé de la décision
La Cour administrative d'appel de Paris a examiné une requête de la ville de Paris visant à rectifier un arrêt du 6 décembre 2016 (n° 15PA02513). Cet arrêt avait rejeté la demande de la société Paris Reality Fund (PAREF) ayant pour but d’annuler un jugement du Tribunal administratif de Paris. La ville de Paris a mis en avant une omission concernant sa demande de remboursement des frais juridiques, conduisant à une demande de rectification pour erreur matérielle. La Cour a constaté l'erreur et a décidé de contraindre PAREF à verser 1 500 euros à la ville de Paris au titre des frais non compris dans les dépens.
Arguments pertinents
1. Erreur matérielle: La Cour a reconnu que l'omission de statuer sur les conclusions de la ville de Paris concernant le remboursement des frais légaux constituait une erreur matérielle pouvant avoir influencé le jugement. En vertu de l'article R. 833-1 du code de justice administrative, la partie intéressée a la possibilité de demander une rectification lorsque la décision est entachée d'une telle erreur.
2. Frais irrépétibles: En se référant à l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la Cour a conclu qu’il était justifié de mettre à la charge de PAREF une somme pour couvrir les frais exposés par la ville de Paris, non compris dans les dépens. La Cour a déterminé un montant de 1 500 euros, en tenant compte des circonstances de l'affaire.
Interprétations et citations légales
- Code de justice administrative - Article R. 833-1: Cet article stipule que "Lorsqu'une décision d'une cour administrative d'appel ou du Conseil d'Etat est entachée d'une erreur matérielle susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire, la partie intéressée peut introduire devant la juridiction qui a rendu la décision un recours en rectification." Cette disposition a été appliquée pour justifier la récognition de l'omission dans l'arrêt initial.
- Code de justice administrative - Article L. 761-1: Ce même code prévoit que "Le juge peut condamner l'État ou une autre collectivité publique à payer à la partie qui a réussi une somme au titre des frais non compris dans les dépens." La décision de la Cour de condamner PAREF à verser 1 500 euros s’inscrit dans cette logique, soulignant que les frais engagés par la ville de Paris étaient justifiés et devaient être remboursés, une interprétation qui renforce la protection des droits des parties en matière de coûts engagés lors des procédures juridiques.
Cette décision illustre l'importance d'une procédure judiciaire claire et précise ainsi que l'encadrement des grossiers manquements que peuvent constituer des erreurs matérielles dans le jugement.