Résumé de la décision
Dans l'arrêt n° 20PA00640, 20PA00641, 20PA00642, 20PA00643, 20PA00644 du 20 mai 2021, la Cour administrative d'appel de Paris a rejeté les recours du garde des sceaux, ministre de la justice, tout en ordonnant à ce dernier de soumettre un projet de décret autorisant le changement de nom de plusieurs requérants. Elle a également condamné l'État à verser 750 euros à chaque requérant au titre des frais de justice. Cependant, une erreur matérielle a été identifiée concernant la somme allouée, qui était de 1 500 euros selon un point de l'arrêt, mais notée comme 750 euros dans le dispositif. Suite à une requête de Mme B... C..., la Cour a décidé de rectifier l'article 3 pour y mentionner la somme de 1 500 euros, conformément à ce qui avait été établi dans le point 20 de l'arrêt.
Arguments pertinents
1. Nature de l'erreur matérielle : La Cour a rappelé que, selon l'article R. 833-1 du code de justice administrative, un recours en rectification d'erreur matérielle est ouvert pour corriger des erreurs non imputables aux parties et ayant pu influencer la décision. Elle précise que ces erreurs concernent uniquement des erreurs matérielles et non des appréciations juridiques.
- « Le recours en rectification d'erreur matérielle n'est ouvert qu'en vue de corriger des erreurs de caractère matériel de la juridiction qui ne sont pas imputables aux parties (...) ».
2. Incidence de l'erreur sur la décision : La Cour a constaté que l'erreur concernant le montant attribué a bien eu une incidence sur le sens de la décision, justifiant ainsi la nécessité de la corriger.
- « Cette erreur matérielle (...) a eu une incidence sur le sens de la décision. »
Interprétations et citations légales
L'arrêt évoque des dispositions clés du code de justice administrative, notamment :
- Code de justice administrative - Article R. 833-1 : Cet article définit le cadre et les conditions d'un recours pour rectification d'erreurs matérielles. La jurisprudence affirme qu'il ne s'agit pas d'un outil pour contester le fond d'une décision, mais de corriger des erreurs potentielles qui pourraient affecter l'exécution dite de la décision rendue.
En l'espèce, la décision de la Cour montre une application rigoureuse des normes d'existence et d'impact des erreurs matérielles dans le fonctionnement de la justice administrative. Cela souligne l'importance de la précision dans les décisions judiciaires et le besoin de rectification lorsqu'il y a des incohérences, même s'il ne s'agit pas d'erreurs de fond.
En conclusion, la Cour a statué pour corriger une somme inexacte allouée aux requérants, en soulignant que cette correction était nécessaire pour maintenir l'intégrité et la précision des décisions judiciaires. La décision démontre également le cadre juridique strict qui régule la possibilité de rectification des erreurs matérielles au sein des juridictions administratives.