Résumé de la décision :
Le 15 décembre 2021, la Cour administrative d'appel de Paris a rendu un arrêt concernant la requête de la préfète du Val-de-Marne visant à annuler le jugement du tribunal administratif de Melun qui avait annulé son arrêté du 24 juin 2021, décidant du transfert de Mme A... aux autorités belges pour l'examen de sa demande d'asile. Mme A..., ressortissante guinéenne, avait contesté ce transfert suite à l'abrogation d'un précédent arrêté en cours d'instance. La Cour a rejeté la requête de la préfecture, considérant que la demande de Mme A... devait être interprétée comme tendant également à l'annulation du nouvel arrêté.
Arguments pertinents :
1. Absence de demande expresse d'annulation : La préfète soutenait que la demande de Mme A... ne visait pas explicitement l'annulation de l'arrêté du 24 juin 2021. Néanmoins, la Cour a rappelé que « lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision ».
2. Effet du retrait en cours d’instance : La Cour a pris en compte que l'arrêté du 24 juin 2021, remplaçant celui du 10 juin 2021, avait la même portée au regard de la situation de Mme A..., et que la requête initiale était donc impliquée par cet acte abrogatoire.
Interprétations et citations légales :
Lors de son analyse, la Cour a fait référence à des principes établis par la jurisprudence, notamment celle du Conseil d'Etat dans son arrêt du 15 novembre 2018, n° 414375. Ce précédent juridique mène à la conclusion selon laquelle un recours et son objet ne peuvent être dissociés lorsqu'une nouvelle décision abroge l'ancienne en cours d’examen.
Dans le cadre du droit d’asile, ce raisonnement est confirmé par le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui régit les principes de transfert et d'examen des demandes d’asile. Même si la préfète n’a soulevé aucun autre moyen contre la décision, le respect de la continuité des droits en matière de recours administratif demeure fondamental.
Ainsi, la décision indique que le recours en annulation initial, visant l'arrêté abrogé, s’étend à toutes décisions subséquentes contemporaines portant sur la même question. La précision de la jurisprudence sur ce point demeure essentielle afin d’éviter des décisions administratives susceptibles de contourner le droit de recours des administrés.
En conclusion, la Cour a confirmé que sont maintenus les droits des demandeurs d'asile face aux actes administratifs en cours d'instance, tant que ceux-ci n'introduisent pas de dispositions différenciées ou contraires, solidifiant ainsi la légitimité et l'efficacité des recours administratifs contre les actes de transfert.