Résumé de la décision
M. A..., un ressortissant ivoirien, conteste un arrêté du préfet de police décidé le 11 mars 2019, qui ordonne son transfert vers l'Italie pour l'examen de sa demande d'asile. Après avoir vu sa demande rejetée par un jugement du Tribunal administratif de Paris du 21 juin 2019, il fait appel. Entre-temps, le 15 novembre 2019, le préfet lui accorde une autorisation provisoire de séjour, ce qui rend son recours sans objet. Ainsi, la Cour administrative d'appel déclare qu'il n'y a plus lieu de statuer sur l'annulation de l'arrêté contesté, repousse les demandes d'injonction, et rejette les conclusions au titre des frais d'avocat.
Arguments pertinents
1. Absence de justification de l'entretien : M. A... affirme que le préfet n’a pas prouvé que l’entretien individuel, prévu par le règlement (UE) n° 603/2013, a été mené par une personne qualifiée, une omission fondamentalement préjudiciable à la légitimité de la procédure.
2. Examen particulier de la situation personnelle : Il soutient que l'arrêté ne prend pas en compte ses circonstances personnelles, ce qui contrevient à l'article 17 dudit règlement, qui exige une appréciation individuelle.
3. Erreurs dans le transfert : M. A... souligne une mention incorrecte sur la date de saisine des autorités italiennes, qualifiant cette erreur d'irrégularité substantielle ayant potentiellement des conséquences sur les délais d'exécution de l'arrêté.
4. Respect des droits fondamentaux : Il fait également valoir que l'arrêté enfreint des dispositions de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH) et la Convention relative aux droits de l'enfant (CDE), compromettant ainsi ses droits fondamentaux.
La Cour, cependant, retient que l’octroi d'une autorisation provisoire de séjour par le préfet rend les conclusions de M. A... sans objet, car il n’y a plus de mesure à annuler.
Interprétations et citations légales
Règlement (UE) n° 603/2013 - Article 5 : Ce texte impose que l'entretien d'asile soit effectué par un agent qualifié. L’absence de preuve de cette qualification affaiblit la légitimité du processus d’asile.
Règlement (UE) n° 603/2013 - Article 17 : Ce règlement stipule que chaque demande doit être examinée selon les circonstances spécifiques de chaque demandeur, un point essentiel que M. A... argue avoir été négligé dans son cas.
Convention européenne des droits de l'homme - Article 3 : Interdit les traitements inhumains ou dégradants. M. A... fait valoir que son renvoi vers l’Italie pourrait le soumettre à des conditions contraires à cette disposition.
Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article permet de demander la prise en charge des frais de justice. Toutefois, la Cour décide qu'aucune prise en charge n'est justifiée dans le cas présent.
En conclusion, la décision de la Cour s’appuie sur le changement de la situation juridique de M. A..., ayant reçu une autorisation de séjour qui rend la procédure d'appel sans objet, illustrant ainsi l'importance des évolutions dans les circonstances de fait dans les procédures administratives.