Résumé de la décision
M. D..., un ressortissant ivoirien, a fait appel d'un jugement du Tribunal administratif de Paris qui avait rejeté sa demande d'annulation d'un arrêté préfectoral refusant de lui délivrer un titre de séjour et lui ordonnant de quitter le territoire français. Au cours de la procédure, il a contesté la légalité de la décision en se prévalant du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article L. 313-14 du même code. La Cour a rejeté sa demande, concluant qu'il n'avait pas établi l'existence de liens personnels et familiaux suffisamment intenses et stables en France, ni démontré la disproportionnalité du refus par rapport à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Arguments pertinents
1. Liens personnels et familiaux insuffisants : M. D... a sollicité le bénéfice du 7° de l'article L. 313-11, mais la Cour a estimé qu'il n'avait pas prouvé la régularité et la continuité de sa présence en France, ni la stabilité de ses liens avec la mère de son enfant, établissant que cette dernière vivait dans des structures d'hébergement d'urgence sans lien stable avec M. D...
> « M. D... ne justifie pas de l'intensité et de la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France. »
2. Rejet du moyen tiré de l’article L. 313-14 : La Cour a également écarté l'argument relatif à l'article L. 313-14, précisant que M. D... n'avait pas présenté de demande de titre de séjour sur cette base spécifique.
> « M. D... ne saurait utilement invoquer le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 313-14 dès lors qu'il n'a pas présenté de demande de titre de séjour sur le fondement de cet article. »
3. Rejet des conclusions sur l’article L. 761-1 : Enfin, la Cour a indiqué que, conformément à l'article L. 761-1 du code de justice administrative, elle ne pouvait pas faire bénéficier la partie perdante (M. D...) de la prise en charge de ses frais juridiques par l'autre partie.
> « Les conclusions présentées à ce titre par M. D..., partie perdante, doivent dès lors être rejetées. »
Interprétations et citations légales
1. Article L. 313-11 - Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Cet article stipule que la carte de séjour temporaire est délivrée de plein droit aux étrangers dont les liens familiaux en France sont tels que leur refus de séjour porte atteinte à leur droit au respect de leur vie privée et familiale, sous certaines conditions :
> « [...] le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus... »
Dans le cas présent, la Cour a interprété cette disposition en considérant que M. D... n'avait pas justifié des éléments suffisants pour établir l'intensité de ses liens en France.
2. Article L. 313-14 - Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Bien que l'article soit mentionné, la Cour a précisé que M. D... n'avait pas formé sa demande de séjour sur ce fondement, ce qui a conduit à l'impossibilité de l'invoquer au soutien de ses droits.
3. Article L. 761-1 - Code de justice administrative : Cet article régit les frais d'affaires juridiques, stipulant que la partie perdante ne peut pas demander le remboursement de ses frais à la partie gagnante. La Cour a suivi cette règle stricte pour rejeter les conclusions de M. D...
En résumé, la décision s'appuie sur une évaluation des preuves fournies par M. D..., son incapacité à établir des liens stables et l'absence de demande formelle d'un titre de séjour sur le fondement approprié tout en respectant les dispositions du code de justice administrative concernant les frais de justice.