Résumé de la décision :
Dans cette affaire, Mme A..., ressortissante ivoirienne, a contesté un arrêté du préfet de police qui refusait de lui délivrer un titre de séjour en raison de son état de santé, tout en l'obligeant à quitter le territoire français. Le Tribunal administratif de Paris, par un jugement en date du 13 juillet 2021, a rejeté la demande de Mme A.... Elle a alors interjeté appel devant la Cour, sollicitant l'annulation du jugement et de l'arrêté préfectoral. La Cour a confirmé la décision de première instance, considérant que Mme A... pouvait bénéficier d'un suivi médical adéquat en Côte d'Ivoire et n’a pas reconnu d'atteinte aux droits humains fondamentaux.
Arguments pertinents :
1. Sur le refus de titre de séjour :
La Cour a justifié la décision du préfet de police en s’appuyant sur l’avis d’un collège de médecins de l’Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui a conclu que, bien que l'état de santé de Mme A... nécessitât une prise en charge, elle pouvait bénéficier d'un traitement en Côte d'Ivoire. La décision du tribunal administratif a été fondée sur une appréciation des éléments médicaux et sociaux fournis, en considérant que « le certificat médical et le rapport évoqué ne démontraient pas qu'elle ne pourrait bénéficier d'un suivi adapté à son état de santé en Côte d'Ivoire. »
2. Sur la violation de l'article 3 de la CEDH :
La Cour a également écarté l'argument relatif à l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui interdit les traitements inhumains ou dégradants. Elle a jugé que les éléments fournis par Mme A... ne suffisaient pas à établir qu'elle ne pourrait avoir accès à un traitement approprié dans son pays d'origine.
Interprétations et citations légales :
1. Interprétation de l'article L. 313-11 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
Selon le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-11, « Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit ... A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité ... », ce qui implique une évaluation spécifique de la situation médicale de l'individu et de la qualité du système de santé dans son pays d'origine.
2. Interprétation de l'article 3 de la CEDH :
L’article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme protège contre les traitements inhumains ou dégradants. En lien avec cette décision, la Cour a rappelé que l'obligation de l'État au regard de l'article 3 ne s'applique que si les soins nécessaires ne peuvent être effectivement dispensés dans le pays d'origine de l'intéressé.
En conclusion, la décision de la Cour repose sur l'appréciation des preuves médicales et la capacité de Mme A... à recevoir un traitement adéquat en Côte d'Ivoire, tout en respectant les obligations internationales en matière de droits de l'homme.