Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. et Mme D... contestent un jugement du Tribunal administratif de Paris qui a rejeté leur demande de décharge d'impositions supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales pour les années 2013 et 2014. Les requérants soutiennent que certains travaux effectués sur des biens immobiliers qu'ils louent devraient être déductibles de leurs revenus fonciers. La Cour a confirmé le jugement du Tribunal administratif, en soulignant que les requérants n'avaient pas justifié les dépenses contestées et que la déduction de charges n'était pas fondée.
Arguments pertinents
1. Insuffisance de la motivation du jugement : Les requérants allèguent que le jugement du Tribunal administratif est insuffisamment motivé. Cependant, la Cour a constaté que le Tribunal a expressément répondu aux arguments avancés, même s'il n'était pas tenu de répondre à chaque point soulevé. Ainsi, la Cour considère que le jugement n'est pas entaché d'irrégularité.
> "Le Tribunal, qui n'était pas tenu de répondre à tous les arguments avancés par les parties, n'a pas omis de répondre aux moyens tirés de ce que les intérêts d'emprunt et les dépenses réalisées pour réaliser des travaux de rénovation étaient déductibles de leurs revenus fonciers."
2. Justification des dépenses de travaux : La Cour a rejeté les demandes de déduction des travaux réalisés par les requérants car ils n'ont pas fourni de justification suffisante concernant les travaux spécifiquement réalisés sur les biens donnés en location.
> "Elles ne justifient toutefois pas des travaux réalisés dans les deux biens donnés en location et des montants engagés à cette occasion, dont l'administration a ainsi pu à bon droit rejeter la déduction."
3. Dédommagement des intérêts d’emprunt : Les autorités fiscales ont également écarté la déduction des intérêts d'emprunt concernant des travaux réalisés, car les requérants n'ont pas démontré que ces emprunts étaient liés aux appartements loués.
> "Ils établissent seulement, par les pièces qu'ils versent, que deux de ces emprunts [...] avaient pour objet des travaux pour un bien immobilier 'à usage locatif' à l'adresse invoquée, sans justifier qu'ils étaient relatifs aux deux appartements loués."
Interprétations et citations légales
- Article 31 du Code général des impôts : La Cour s'est fondée sur cet article pour établir les principes concernant la déductibilité des charges liées à la propriété. Cet article indique que les dépenses déductibles incluent les réparations, l'entretien, et les intérêts de dettes contractées, à condition qu'elles soient dûment justifiées et se rapportent à des biens imposables.
> "Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : / 1° Pour les propriétés urbaines : / a) Les dépenses de réparation et d'entretien effectivement supportées par le propriétaire / (...) b) Les dépenses d'amélioration afférentes aux locaux d'habitation, à l'exclusion des frais correspondant à des travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement [...]". (Code général des impôts - Article 31)
- Principes de justification des charges : La décision rappelle l'importance de justifier les charges déductibles. Les requérants devaient prouver que les dépenses engagées se rapportaient spécifiquement aux biens en location et étaient effectivement supportées.
> "Les dépenses mentionnées [...] ne peuvent être déduites du revenu foncier brut que dans la mesure où, notamment, les charges alléguées sont dûment justifiées."
Cette décision illustre donc la rigueur de l'administration fiscale en matière de déductibilité des charges et l'obligation des contribuables de fournir des preuves adéquates pour justifier leurs demandes de déduction.