Résumé de la décision
M. C..., un ressortissant turc, a contesté un jugement du Tribunal administratif de Paris qui rejetait sa demande d'annulation d'un arrêté du préfet de police daté du 10 janvier 2018. Cet arrêté rejetait sa demande d’admission exceptionnelle au séjour en France pour des raisons de vie privée et familiale, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. La Cour administrative d'appel a confirmé la décision des premiers juges, estimant que la décision du préfet était suffisamment motivée et fondée sur des considérations appropriées. M. C... a donc vu sa requête rejetée.
Arguments pertinents
1. Incompétence de l'auteur de l'acte :
- M. C... soutenait que l'arrêté litigieux avait été signé par une autorité incompétente. La Cour a rejeté ce moyen, s'appuyant sur les motifs de première instance, indiquant que le requérant n'apportait pas d'éléments nouveaux.
2. Insuffisance de motivation :
- La Cour a relevé que, conformément aux articles L. 211-2 et L. 211-5 du Code des relations entre le public et l’administration, les décisions administratives doivent être dûment motivées. L'arrêté contesté mentionnait les textes législatifs applicables et les considérations personnalisées sur la situation de M. C..., ce qui a permis de conclure à une motivation suffisante.
3. Appréciation des considérations humanitaires :
- Selon l'article L. 313-14 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la délivrance d'une carte de séjour doit se justifier par des "considérations humanitaires" ou des motifs exceptionnels. La Cour a noté que M. C... n'était pas en mesure de démontrer de tels motifs dans sa situation et que ses liens familiaux en Turquie demeuraient significatifs.
4. Droits de la vie privée et familiale :
- En référence à l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la Cour a considéré que la décision du préfet n'avait pas constitué une ingérence disproportionnée dans la vie familiale de M. C..., ce dernier ne prouvant pas que sa vie familiale en France justifiait une exception à l'obligation de quitter le territoire.
Interprétations et citations légales
1. Motivation des décisions administratives :
- Code des relations entre le public et l'administration - Article L. 211-2 : "Les mesures de police doivent être motivées..."
- Cette exigence de motivation vise à assurer la transparence et à permettre au citoyen de comprendre la décision de l'administration.
2. Conditions pour la régularisation du séjour :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-14 : "La carte de séjour temporaire... peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public... sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 311-7."
- Cet article établit les conditions exceptionnelles qui peuvent justifier l'autorisation de séjour, mais impose également à l'étranger de démontrer des motifs exceptionnellement forts pour l'obtenir.
3. Protection de la vie privée et familiale :
- Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales - Article 8 : "Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale...."
- Cette disposition est cruciale, car elle garantit à chacun le droit de mener une vie familiale sans ingérence excessive de l'État, mais permet néanmoins des exceptions justifiées par l'ordre public ou d'autres raisons impérieuses.
En conclusion, la décision de la Cour s'appuie sur une interprétation rigoureuse des textes légaux, établissant que, dans le cas présent, M. C... n'a pas réussi à démontrer des motifs suffisants pour contester l'arrêté préfectoral. La motivation de la décision administrative a été jugée adéquate, et les droits protégés par la convention européenne ne justifiaient pas un maintien sur le territoire français dans ces circonstances.