Résumé de la décision :
Le 26 novembre 2020, le ministre de l'économie, des finances et de la relance a contesté le jugement n° 1909695 du tribunal administratif de Paris du 20 octobre 2020, qui avait prononcé la décharge d'une majoration de 40 % sur l'imposition d'M. et Mme B... en raison d'un retard dans le dépôt de leur déclaration d'impôt sur le revenu pour l'année 2017. La cour a annulé ce jugement, considérant que les premiers juges avaient commis une irrégularité dans leur appréciation de la preuve de notification de la mise en demeure. Le dossier a été renvoyé au tribunal administratif de Paris pour statuer sur la demande des époux B....
Arguments pertinents :
1. Régularité de la mise en demeure : Le ministre a soutenu que M. et Mme B... avaient bien reçu la mise en demeure de déposer leur déclaration d'impôt. Il a présenté un avis de réception à l'appui de sa demande, tandis que les défendeurs n'ont pas contesté la réception, se bornant à dire qu'ils avaient soumis une nouvelle déclaration à la demande de l'administration. La décision souligne que "les premiers juges... ont ainsi soulevé d'office le moyen tiré de ce que la notification préalable de la mise en demeure n'était pas établie", ce qui a conduit à l'irrégularité du jugement.
2. Compétence juridictionnelle : La Cour a noté que le tribunal administratif avait eu une approche excessivement rigoureuse en soulevant une irrégularité non soulevée par les requérants et qui ne présentait pas un caractère d'ordre public. Cela a été interprété comme une entrave à l'exercice normal de la justice.
Interprétations et citations légales :
- Code général des impôts - Article 1728 : Cet article régule les conditions de mise en recouvrement des impositions et pose les bases des pénalités pour dépôt tardif. La Cour a interprété que la mise en demeure et son respect sont essentiels pour imposer une majoration.
- Code de justice administrative : La décision suggère que la compétence des juridictions administratives doit se limiter à ce qui est soumis par les parties et ne peut s’exercer de manière discrétionnaire sur des questions non invoquées par ces mêmes parties. La Cour a précisé que "l'irrégularité de procédure n'était pas soulevée par les requérants et ne présentait pas un caractère d'ordre public".
Cette affaire illustre l'importance de la régularité procédurale en matière fiscale et le respect du principe du contradictoire en droit administratif. La décision montre également la nécessité d'une preuve solide de la notification pour soutenir les impositions et leurs majorations.