Résumé de la décision
Suite à une vérification de comptabilité, l'administration fiscale a réintégré dans les résultats de la SCI Immotek des provisions sur créance douteuse et des amortissements sur des biens loués. Ces sommes ont été imposées entre les mains de la SOCIETE MEGA INDUSTRIE, actionnaire de la SCI. La SOCIETE MEGA INDUSTRIE a interjeté appel d'un jugement du Tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des pénalités afférentes. Le tribunal a confirmé cette décision, considérant que les provisions et amortissements contestés n'étaient pas déductibles.
Arguments pertinents
1. Non-déductibilité des provisions : La décision souligne que les provisions constituées par la SCI Immotek pour des créances jugées douteuses n'étaient pas déductibles, car elles résultaient d'avances consenties alors que la situation financière de la filiale, la SARL Espace 54, était déjà problématique. Une avance sur créance douteuse ne peut pas être considérée dans le cadre d'une gestion commerciale normale.
> "il est établi que les créances provisionnées ne s'inscrivaient pas dans le cadre d'une gestion normale."
2. Amortissements immobiliers : Concernant les amortissements déduits par la SCI pour les exercices 2006 et 2007, le tribunal a décidé que la législation fiscale applicable avant les modifications de 2006 devait s'appliquer, car les contrats de location avaient été conclus avant le 1er janvier 2007. Ainsi, l'application des nouvelles règles de déduction aurait été inappropriée.
> "les personnes qui ont conclu un contrat de location avant le 1er janvier 2007 ne se trouvent pas, au regard de l'amortissement du bien qu'elles ont donné en location, dans une même situation que celles qui ont conclu un contrat de location après cette date."
Interprétations et citations légales
1. Code général des impôts - Article 39 : Ce texte précise les conditions sous lesquelles les provisions peuvent être déduites du bénéfice imposable. L'article stipule que seules les provisions constituées pour faire face à des pertes ou charges nettement précisées et probables peuvent être déduites, ce qui implique une rigueur dans l'évaluation de la situation financière des créanciers.
> "Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, (...) notamment (...) 5° Les provisions constituées en vue de faire face à des pertes ou charges nettement précisées et que des événements en cours rendent probables."
2. Code général des impôts - Articles 38 et 209 : Ces articles traitent des modalités de détermination du bénéfice imposable, précisant que celui-ci doit résulter d'opérations dans le cadre d'une gestion normale. Les pertes sur créances issues d'avances non justifiées ne sont donc pas déductibles.
> "le bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés est celui qui provient des opérations de toute nature faites par l'entreprise, à l'exception de celles qui, en raison de leur objet ou de leurs modalités, sont étrangères à une gestion commerciale normale."
3. Loi n° 2006-1771 : Le tribunal a statué que les modifications apportées par cette loi et la date d'entrée en vigueur de ses dispositions excluaient la possibilité pour la SCI de se prévaloir des nouvelles règles pour des baux effectués avant le 1er janvier 2007.
> "les dispositions issues de [la loi] s'appliquent aux contrats de location conclus ou aux mises à disposition sous toute autre forme intervenues à compter du 1er janvier 2007."
Ainsi, la décision confirme que la SOCIETE MEGA INDUSTRIE ne peut pas revendiquer la déductibilité des provisions et des amortissements contestés, puisque les règles en vigueur et les spécificités des opérations ne le permettent pas.