Résumé de la décision :
Dans le cadre d'une procédure engagée par M. B... et autres devant le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, une ordonnance datée du 15 mars 2019 a été rendue, constatant leur désistement d'office après que leur avocat n'ait pas répondu à une demande de confirmation de maintien de la requête. M. B... et ses co-demandeurs ont contesté cette ordonnance devant la Cour, arguant que leur intérêt à poursuivre l'affaire avait été clairement manifesté. La Cour a annulé l'ordonnance du Tribunal administratif, considérant qu'elle avait fait un usage abusif de la disposition concernant le désistement, et a renvoyé l'affaire pour réexamen.
Arguments pertinents :
1. Usage abusif de la faculté de désistement : Les demandeurs ont clairement exprimé, par leurs démarches au tribunal, leur intérêt à maintenir la requête, ce qui remet en question la légitimité de l'ordonnance de désistement. La Cour observe que le président de la 6ème chambre a abusé de la faculté prévue par l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative.
Citation : "Alors que les intéressés avaient clairement manifesté, par les démarches entreprises auprès du tribunal après l'échec de la médiation, l'intérêt que leur requête conservait pour eux..."
2. Inadéquation de l'envoi de la demande de confirmation : Bien que la demande ait été envoyée à l'avocat des requérants, celui-ci avait déjà signalé son indisponibilité et demandé d'être tenu informé directement. Ce manque de prise en compte de l'indisponibilité du conseil a conduit à un non-respect des droits des requérants.
Citation : "Pourtant, une lettre du greffe portant demande de confirmation du maintien de la requête a été adressée à Me E... le 14 février 2019..."
Interprétations et citations légales :
- Application de l'article R. 612-5-1 : Cet article du Code de justice administrative autorise le président de la formation de jugement à interroger un requérant sur l'intérêt de sa demande. Il stipule que, "à défaut de réception de cette confirmation à l'expiration du délai fixé," le requérant sera réputé s'être désisté. Toutefois, dans cette affaire, la Cour interprète que les démarches des demandeurs témoignent d'un intérêt manifeste à maintenir leur requête.
- Article L. 761-1 : Cet article empêche de faire supporter les frais de justice à une partie qui n’est pas perdante, renforçant ainsi le principe selon lequel chaque partie est responsable de ses propres frais. Cela conduit à un rejet des demandes formulées par la commune de Boulogne-Billancourt au titre des frais non compris dans les dépens.
Citation : "Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de M. et Mme G... et autres, qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante..."
Cette décision, par son analyse des circonstances et sa reprise des dispositions légales, souligne l’importance de respecter le droit des parties à être entendues et à voir leur intérêt pris en compte dans le processus judiciaire.