Résumé de la décision
La Commune de Villeneuve-la-Garenne a interjeté appel d'un jugement du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise qui avait annulé deux décisions de préemption concernant des biens immobiliers appartenant à la SCI de l'Etoile. La Commune soutenait que la procédure de préemption était toujours valable, malgré la renonciation d'une acquéreur potentiel. Le tribunal a jugé que la préemption n'était pas applicable parce que la SCI de l'Etoile avait informé de la renonciation à la vente avant la prise des décisions de préemption. Par conséquent, le tribunal a confirmé l'annulation et a ordonné à la Commune de verser des frais à la SCI de l'Etoile.
Arguments pertinents
1. Disparition de l'intention d'aliéner : La Commune a soutenu que la disparition de l'intention d'aliéner avait mis fin aux procédures de préemption et que le tribunal aurait dû prononcer un non-lieu. Cependant, le tribunal a estimé que les décisions de préemption restaient valides car elles n'avaient pas été retirées, et donc, la demande de la SCI de l'Etoile avait encore sa place.
> "la SCI de l'Etoile n'avait plus qualité à agir en tant que vendeur des biens en cause"
2. Maintien de l'intérêt pour agir : La Commune a argué que la SCI de l'Etoile n'avait pas d'intérêt à contester les décisions en raison de l'absence de la vente projetée. Le tribunal a rejeté cet argument, affirmant que toute décision de préemption portait atteinte aux droits du propriétaire.
> "la COMMUNE DE VILLENEUVE-LA-GARENNE n'est pas fondée à soutenir que la SCI de l'Etoile aurait été dépourvue d'intérêt pour contester"
3. Validité des déclarations d'intention d'aliéner : Le tribunal a réaffirmé que la bonne foi des décisions de préemption disparaissait au moment où la SCI de l'Etoile informait que l'acquéreur avait renoncé à l'acquisition.
> "les biens en cause ne pouvaient plus faire l'objet... de l'exercice par la COMMUNE DE VILLENEUVE-LA-GARENNE de son droit de préemption"
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs articles du Code de l'urbanisme et du Code de justice administrative :
- Code de l'urbanisme - Article L. 2313-1 : Cet article stipule que tout immeuble donné en vente doit être soumis au droit de préemption. Le tribunal a interprété que la renonciation à la vente par la SCI Belle Vue a retiré la possibilité d'exercer ce droit.
- Code de l'urbanisme - Article R. 213-5 : Cet article précise que les déclarations d'intention d'aliéner doivent être faites dans les formes prescrites. Le tribunal a constaté que, malgré l'absence d'information sur la renonciation à la vente, cette condition impliquait la non-applicabilité du droit de préemption.
- Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article précise la possibilité de récupérer des frais de justice. La décision a mis à la charge de la Commune le paiement de frais à la SCI de l'Etoile, en précisant qu'elle était la partie perdante.
> "les dispositions de l'article L. 761-1... font obstacle à ce que soit mis à la charge de la SCI de l'Etoile... le versement de la somme que la COMMUNE DE VILLENEUVE-LA-GARENNE demande au titre des frais".
Cette analyse démontre l'importance des intentions et de la communication formelle dans les procédures de préemption, tout en respectant les droits du propriétaire affecté.