Résumé de la décision
M. et Mme A... ont interjeté appel d'un jugement du Tribunal administratif de Montreuil qui a rejeté leur demande d'annulation d'un titre exécutoire daté du 7 août 2014. Ce titre imposait le versement d'une somme de 20 118 euros au titre de la taxe d'aménagement, en lien avec un permis de construire obtenu en mars 2013. La Cour administrative d'appel a constaté que la question relevait de la compétence du Conseil d'État puisqu'il s'agissait d'un litige concernant un impôt local, et a donc décidé de transmettre la requête au Conseil d'État.
Arguments pertinents
1. Compétence juridictionnelle : La décision met en avant que, selon l'article R. 811-1 du Code de justice administrative, les litiges relatifs aux impôts locaux et à la contribution à l'audiovisuel public, excepté ceux concernant la contribution économique territoriale, ne peuvent faire l'objet d'appels. Cette spécificité va de pair avec le principe selon lequel le tribunal administratif statue en premier et dernier ressort.
2. Transmission au Conseil d'État : En vertu de l'article R. 351-2 de ce même code, lorsque la cour estime qu'une affaire doit être examinée par le Conseil d'État, il est impératif de transmettre la requête. La Cour a donc agi conformément à ces dispositions.
Interprétations et citations légales
1. Impôts locaux : La taxe d'aménagement, créée par l'article 28 de la loi de finances rectificative pour 2010, est qualifiée dans la décision d'impôt local, ce qui a des conséquences directes sur la procédure d'appel. La décision mentionne que "la taxe d'aménagement [...] est au nombre des impôts locaux mentionnés au 4° de l'article R. 811-1".
2. Règles procédurales : L'article R. 811-1 - "Toute partie présente dans une instance devant le tribunal administratif [...] peut interjeter appel contre toute décision juridictionnelle", tout en précisant les exceptions relatives aux impôts locaux.
3. Transmission nécessaire : Cela est renforcé par le deuxième article, R. 351-2 - "lorsqu'une cour administrative d'appel est saisie de conclusions qu'elle estime relever de la compétence du Conseil d'État, le dossier doit être transmis". Cette procédure assure que les affaires soient traitées par l'autorité compétente, conformément aux principes de bonne administration de la justice.
En conclusion, la Cour a affirmé que la question du litige impliquant la taxe d'aménagement ne relevait pas de sa compétence, mais de celle du Conseil d'État, entraînant ainsi la transmission de la requête.