Résumé de la décision
Dans cette affaire, la COMMUNE DE LOUVECIENNES a formé un appel contre un jugement du Tribunal administratif de Versailles daté du 18 décembre 2015, qui avait rejeté sa demande d'annulation d'un titre de perception émis le 21 juin 2010 pour un trop-perçu de taxe locale d'équipement s'élevant à 1 707 754 euros. En appel, la commune a demandé l'annulation de ce jugement et du titre exécutoire. Cependant, la cour a statué que la taxe locale d'équipement est un impôt local et, par conséquent, les jugements relatifs à la décharge de cette taxe ne peuvent faire l'objet que d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat, et non d'un appel. La requête a donc été transmise au Conseil d'Etat.
Arguments pertinents
L'arrêt souligne plusieurs arguments clés relatifs à la compétence des juridictions en matière d'impôts locaux :
1. Compétence juridictionnelle : Conformément à l'article R. 811-1 du Code de justice administrative, les litiges relatifs aux impôts locaux, y compris la taxe locale d'équipement, ne peuvent faire l'objet que d'un pourvoi en cassation auprès du Conseil d'Etat.
2. Transmission des requêtes : L'article R. 351-2 du même code stipule que lorsqu'une cour administrative d'appel reçoit une affaire qui relève de la compétence du Conseil d'Etat, elle doit transmettre le dossier à ce dernier pour instruction.
Citation pertinente : "Toute partie présente dans une instance devant le tribunal administratif (...) peut interjeter appel contre toute décision juridictionnelle rendue dans cette instance. Toutefois, le tribunal administratif statue en premier et dernier ressort : (...) 4° Sur les litiges relatifs aux impôts locaux."
Interprétations et citations légales
La décision repose sur une interprétation spécifique des textes du Code de justice administrative.
1. Article R. 811-1 : Cet article établit que seuls certains litiges peuvent faire l'objet d'un appel, tandis que d'autres, notamment ceux relatifs aux impositions locales, ne peuvent être contestés que par un pourvoi en cassation. Cela renforce la position selon laquelle les tribunaux administratifs n'ont qu'une compétence limitée sur les impôts locaux.
Citation : "Qu'en vertu de l'article R. 351-2 du même code, lorsqu'une cour administrative d'appel est saisie de conclusions qu'elle estime relever de la compétence du Conseil d'Etat, le dossier doit être transmis au Conseil d'Etat qui poursuit l'instruction de l'affaire."
2. Article R. 351-2 : Cet article précise la procédure à suivre lorsque l'affaire ne relève pas de la compétence d'appel de la cour, en nécessitant une transmission au Conseil d'Etat.
La décision met ainsi en lumière l'importance du cadre juridique en matière de fiscalité locale, clarifiant que les communes doivent respecter les voies de recours appropriées pour contester des décisions administratives relatives aux impôts locaux. Cette interprétation souligne également l'impartialité du système judiciaire en maintenant une distinction claire entre différents types de litiges en matière fiscale.