Résumé de la décision
Dans cette affaire, M.A..., ressortissant sénégalais, conteste l'ordonnance du Tribunal administratif de Versailles qui, le 8 septembre 2016, a rejeté sa demande d'annulation d'un arrêté préfectoral lui refusant un titre de séjour, pour irrégularité. Le tribunal avait considéré que M.A. n'avait pas fourni les pièces requises dans le délai imparti pour régulariser sa demande. Toutefois, la Cour administrative d'appel a annulé cette ordonnance, jugeant que M.A. avait soumis les pièces demandées avant la décision du tribunal, ce qui permettait de régulariser sa requête.
Arguments pertinents
L’annulation de l’ordonnance s’appuie sur plusieurs éléments juridiques clés :
1. Irrégularité de la procédure : La Cour souligne que l’ordonnance du Tribunal administratif est intervenue alors que M.A. avait déjà envoyé des documents nécessaires à la régularisation de sa requête, ce qui n’avait pas été pris en compte correctement : « ... il ressort des pièces versées au dossier que M. A... avait adressé au tribunal, le 8 août 2016, des pièces de nature à régulariser sa requête... ».
2. Possibilité de régularisation : La Cour fait référence au cadre légal qui permet la régularisation des requêtes en cours d'instance, précisant que l’irrecevabilité ne peut être opposée tant que la régularisation n’a pas été explicitement refusée : « ... les dispositions... n’ont pas pour effet de faire obstacle... à ce que le requérant régularise sa requête... avant que le juge n’ait statué ».
Interprétations et citations légales
La décision repose sur l'interprétation de plusieurs articles du Code de justice administrative, en particulier :
- CJA - Article R. 411-3 : Cet article stipule que les requêtes doivent être accompagnées de copies en nombre suffisant, faute de quoi elles sont irrecevables. La Cour clarifie que cette exigence peut être satisfaite même après le délai imparti, tant que la régularisation est possible.
- CJA - Article R. 412-2 : Il précise que les pièces jointes doivent également respecter des conditions similaires. La Cour évoque la bonne foi du requérant et note qu’il a fourni les documents nécessaires, permettant ainsi la régularisation de sa requête.
- CJA - Article R. 612-1 : Cet article traite de l'irrecevabilité et souligne que la juridiction doit inviter l'auteur de la requête à régulariser avant de la rejeter. La Cour a retenu que la présidente du Tribunal administratif n’a pas respecté cette procédure de régularisation, entraînant une erreur de droit : « ... la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser ».
En conclusion, la décision de la Cour administrative d'appel établit une jurisprudence sur la faculté de régularisation des requêtes en cours d'instance, renforçant le droit à un recours effectif dans le respect des délais impartis.