Résumé de la décision
Dans l'affaire opposant le DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS à Mme A..., la Cour d'appel a rejeté la requête du département qui souhaitait annuler un jugement du Tribunal administratif de Montreuil daté du 30 juin 2017. Ce jugement annulait un arrêté du département portant radiation de Mme A... pour abandon de poste et ordonnait sa réintégration. La Cour a conclu que la mise en demeure envoyée à Mme A... avant sa radiation était irrégulière, car elle avait été adressée alors qu'aucune absence injustifiée ne pouvait être constatée, ce qui a conduit à l'annulation de la radiation.
Arguments pertinents
1. Motivation du jugement : La Cour a confirmé que le Tribunal administratif avait correctement motivé sa décision, en précisant que la mise en demeure était irrégulière. Pour la Cour, le DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS n'a pas correctement établi l'absence injustifiée de Mme A... avant d'adresser la mise en demeure.
> "Il résulte de l'examen du jugement attaqué que le tribunal administratif a suffisamment précisé les raisons pour lesquelles il a estimé que la mise en demeure adressée par le DEPARTEMENT de la SEINE-SAINT-DENIS à Mme A... était irrégulière."
2. Conditions de la mise en demeure : La Cour a rappelé que pour qu'une radiation pour abandon de poste soit valable, l'agent doit d'abord avoir été mis en demeure de rejoindre son poste après que son absence a été constatée.
> "Une mesure de radiation de cadres pour abandon de poste ne peut être régulièrement prononcée que si l'agent concerné a, préalablement à cette décision, été mis en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service dans un délai approprié."
3. Absence constatée : La Cour a souligné que le département ne pouvait pas mettre en demeure Mme A... avant le constat de son absence, car il était toujours tenu de la considérer comme affectée à son poste à partir du 17 juin 2016.
> "Dès lors que l'intéressée était affectée au poste de gestionnaire des moyens généraux à compter du 17 juin 2016, le DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS ne pouvait adresser une mise en demeure le 1er juin précédent."
Interprétations et citations légales
1. Non-respect de la procédure : La décision met en lumière le besoin crucial d'un respect scrupuleux des procédures administratives avant de prendre des mesures aussi graves que la radiation. L'article L. 9 du Code de justice administrative stipule que "Les jugements sont motivés". Cela impose aux tribunaux de justifier systématiquement leurs décisions, ce qui a été respecté dans ce cas.
2. Radiation pour abandon de poste - Code de la santé publique : La Cour a évoqué que la radiation ne peut avoir lieu qu’après notification d’une mise en demeure, conformément aux droits des agents. Comme mentionné, "une mise en demeure doit prendre la forme d'un document écrit, notifié à l'intéressé, l'informant du risque qu'il encourt d'une radiation de cadres sans procédure disciplinaire préalable".
3. Frais de contentieux : En ce qui concerne les frais, l'article L. 761-1 du Code de justice administrative stipule que la partie perdante peut être condamnée à payer les frais de l'autre partie. Dans ce cas-ci, la Cour a décidé que c'était le DEPARTEMENT qui devait payer rendez-vous à Mme A..., montrant ainsi que dans une affaire de désaccord administratif, la responsabilité des frais peut varier selon l'issue et l'irrégularité de la procédure employée par l'administration.
> "Il y a lieu de mettre à la charge du DEPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS la somme de 2 000 euros, en application des mêmes dispositions, au titre des frais exposés par Mme A... et non compris dans les dépens."
Cette décision souligne l'importance de la rigueur administrative et rappelle que les agents doivent être protégés contre des mesures abusives sans une procédure adéquate.