Résumé de la décision
M. B... a contesté le refus de la préfecture de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français, en argumentant notamment que ces décisions étaient contraires à l'accord franco-algérien et à ses droits familiaux. La Cour a annulé les décisions administratives, établissant que M. B... pouvait prouver avoir résidé en France de manière habituelle depuis plus de dix ans, ouvrant ainsi droit à un titre de séjour. La Cour a en outre enjoint le préfet de délivrer une carte de séjour temporaire à M. B... dans un délai de deux mois. De plus, un montant de 1 000 euros a été accordé à M. B... en vertu de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Motivation insuffisante du jugement : M. B... a contesté le jugement précédent en soutenant qu'il était insuffisamment motivé. La Cour a décidé de ne pas examiner cette critique en profondeur car les autres motifs suffisants ont entraîné l'annulation des décisions administratives.
2. Droit de séjour au titre de l'article 6 de l'accord franco-algérien : La Cour a cité l'article 6 de cet accord stipulant que "le certificat de résidence d'un an portant la mention 'vie privée et familiale' est délivré de plein droit... au ressortissant algérien qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans". M. B... a fourni des documents prouvant sa résidence habituelle en France depuis 2003, ce qui a été jugé suffisant par la Cour.
3. Erreur manifeste d’appréciation : La Cour a conclu que le préfet avait commis une erreur manifeste d'appréciation, car les documents fournis par M. B... étaient crédibles et corroborés par des attestations d'autres personnes.
Interprétations et citations légales
1. Accord franco-algérien - Article 6 : La décision repose principalement sur l'interprétation de ce texte qui garantit à certains ressortissants algériens le droit d'obtenir un certificat de résidence après une durée de résidence de dix ans. La mention suivante a été clé :
> "Le certificat de résidence d'un an portant la mention 'vie privée et familiale' est délivré de plein droit : 1. Au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans..."
2. Code de justice administrative - Article L. 911-1 : Ce texte a permis à la Cour de prescrire une injonction au préfet, en déclarant que l'exécution de l'arrêt imposait nécessairement la délivrance d'un titre de séjour :
> "Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne de droit public... prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction... prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution."
3. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article autorise la mise à la charge de l'État des frais de justice dans certaines conditions, ce qui a conduit à la décision d'accorder 1 000 euros à M. B... :
> "La justice administrative met à la charge de l'État le versement d'une somme en faveur de la personne qui a obtenu gain de cause."
Ces éléments montrent que la décision s'appuie sur une interprétation favorable des droits découlant des accords internationaux et des lois nationales concernant l'immigration, tout en veillant à ce que les droits fondamentaux de l'individu soient respectés.