Résumé de la décision :
Dans cette affaire, M. B..., un ressortissant malien ayant résidé en France depuis plus de dix ans, a vu sa demande d'admission exceptionnelle au séjour refusée par le préfet de la Seine-Saint-Denis par un arrêté du 24 décembre 2019. Le tribunal administratif de Montreuil a annulé cette décision en raison d'un vice de procédure, levant le recours du préfet qui contestait cette annulation. La cour a confirmé la décision du tribunal en considérant que M. B... justifiait d'une résidence habituelle en France, ce qui impliquait l'obligation pour le préfet de saisir la commission du titre de séjour.
Arguments pertinents :
1. Vice de procédure : La cour a conclu que le préfet avait entaché son arrêté d'un vice de procédure en ne soumettant pas la demande à la commission du titre de séjour, une obligation légale en vertu de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, qui indique que "l'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission [...] la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans".
2. Résidence habituelle : La cour a établi que M. B... avait effectivement sa résidence habituelle en France depuis plus de dix ans, indépendamment des mesures d'éloignement non exécutées. Les preuves, telles que les relevés bancaires, les factures de soins, et les bulletins de paie, ont été prises en compte pour confirmer sa présence continue sur le territoire.
3. Considérations humaines : Le jugement a également mis en avant que l'absence de considération des motifs exceptionnels de M. B... et des conséquences de son éloignement serait disproportionnée, ce qui aurait pu constituer une atteinte au droit à une vie privée et familiale normale au sens de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme.
Interprétations et citations légales :
1. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-14 : Cet article précise les conditions sous lesquelles un étranger peut se voir délivrer un titre de séjour exceptionnel. Il stipule que la résidence habituelle depuis plus de dix ans doit être la seule considérée, excluant les mesures d'éloignement non exécutées. Ce principe est vital pour établir le droit à l'admission au séjour et orienter l'appréciation des autorités administratives.
2. Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales - Article 8 : Cet article garantit le droit au respect de la vie privée et familiale. Sa référence dans le jugement souligne l'importance de peser les décisions administratives contre les conséquences humanitaires et familiales des refus de séjour. La cour souligne que l'interdiction de retour doit être justifiée de manière précise et proportionnée en tenant compte de la situation personnelle de l'individu.
En somme, la décision de la cour fait écho aux obligations administratives strictes en matière d'admission au séjour et des droits fondamentaux des individus, réaffirmant la nécessité de respecter la procédure prévue par la loi et les droits contenus dans les conventions internationales.