Résumé de la décision
Monsieur B a introduit une requête auprès de la Cour pour annuler des avis de mise en recouvrement émis à son encontre et demander une décharge d'une pénalité de 71 956 euros. Ces avis étaient liés à une amende infligée à la société MWA Transports, dont il était le gérant, suite à une vérification de comptabilité. La Cour a constaté que la société avait été placée en liquidation judiciaire et que l’administration avait renoncé à recouvrer l’amende. Par conséquent, M. B a décidé de se désister de sa requête. La Cour a pris acte de ce désistement.
Arguments pertinents
1. Irrégularité des avis de mise en recouvrement : M. B argumente que ces avis sont viciés, car, selon lui, ils n'ont pas respecté l'article L. 267 du livre des procédures fiscales, qui impose qu’une ordonnance du président du Tribunal de Grande Instance soit nécessaire pour établir une solidarité de paiement.
2. Non-respect du principe du contradictoire : M. B soutient que l'administration n'a pas respecté son droit à la défense, tel qu'afféré par l'article 6-1 de la Convention européenne des droits de l'homme, en ne lui permettant pas de prendre connaissance des éléments fondant la vérification de la comptabilité de la société.
3. Désistement : En 2019, M. B s'est désisté de sa démarche, arguant que l'administration n’intentait plus de recouvrement de l’amende, ce qui a été jugé comme un désistement pur et simple.
Ces arguments montrent des préoccupations tant procédurales que substantielles concernant le droit à une défense équitable et la bonne application de la législation fiscale.
Interprétations et citations légales
- Article L. 267 du livre des procédures fiscales : Cet article établit que pour les décisions obligatoires à l'égard de contribuables, notamment en cas de solidarité, il nécessite qu’une ordonnance d'un juge soit rendue. Cela souligne l'importance du contrôle judiciaire dans la procédure de recouvrement.
- Article 117 du code général des impôts : Il précise comment l'administration doit engager des vérifications et interagir avec le contribuable, ce qui n'a pas été respecté dans le cas présent.
- Article 6-1 de la Convention européenne des droits de l'homme : "Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial." Ce principe est fondamental en matière fiscale, visant à assurer à chaque contribuable le droit d'être entendu et de se défendre.
L’interprétation de ces textes renforcent la nécessité d’une procédure respectueuse des droits des contribuables, surtout dans des questions délicates comme la solidarité de paiement des amendes administratives. La reconnaissance du désistement de M. B par la Cour témoigne également d’un respect pour l'autonomie des parties dans la gestion de leurs litiges.