Résumé de la décision
La Cour administrative d'appel de Versailles a été saisie d'une requête de M. B..., représenté par son avocat Me Boiardi, demandant une rectification d'erreur matérielle concernant l'arrêt n°17VE01359 du 27 mars 2018. Cet arrêt avait rejeté la requête du préfet des Yvelines sans statuer sur les conclusions de l'avocat de M. B... demandant une indemnité de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. La Cour a reconnu cette omission comme une erreur matérielle et a ordonné à l'État de verser la somme de 1 000 euros à Me Boiardi, sous réserve que ce dernier renonce à la part contributive de l'État.
Arguments pertinents
1. Recevabilité de la requête : La Cour a exprimé que « dans le cas où il y a omission à statuer sur les conclusions présentées... l'avocat bénéficiaire de l'aide juridictionnelle a seul qualité pour introduire un recours en rectification d'erreur matérielle ». Cela souligne l'exceptionnalité du statut de l'avocat dans ce contexte et le droit des parties à voir leurs demandes dûment examinées.
2. Omission de statuer : En détaillant que l'arrêt du 27 mars 2018 n'avait pas statué sur les conclusions de Me Boiardi, la Cour a qualifié cette omission d’« erreur matérielle ». Cela souligne que chaque conclusion doit être examinée intégralement pour garantir un jugement complet et équitable.
3. Application des dispositions légales : La Cour a ensuite jugé que, puisque M. B... avait bénéficié de l'aide juridictionnelle, « son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ». Cette citation renforce l'idée que l’accès à l'aide juridictionnelle implique également des droits pécuniaires pour l'avocat.
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article stipule que « dans toutes les instances, le juge peut, dans les conditions prévues par la loi, permettre à une partie de demander à l'Etat le remboursement des frais qu'elle a engagés ». La Cour se base sur cet article pour justifier le versement d'honoraires à l'avocat de M. B..., renforçant ainsi les droits des avocats à être indemnisés dans le cadre de l'aide juridictionnelle.
2. Loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 - Article 37 : Cet article permet à un avocat d’obtenir une indemnité proportionnelle au service rendu lorsqu’il a défendu une personne bénéficiaire de l’aide juridictionnelle. La Cour a appliqué ce principe pour établir la somme due à Me Boiardi, tout en précisant que cela dépend de la renonciation aux honoraires contributifs de l'État.
3. Important principe de justice : La décision souligne l'importance de la « complète décision » du tribunal, en rectifiant les erreurs matérielles au nom de l'équité et de la rigueur procédurale, ce qui est essentiel pour maintenir la confiance dans le système judiciaire.
En résumé, cette décision met en évidence la nécessaire attention à accorder à toutes les conclusions présentées dans une affaire, l'importance de l'aide juridictionnelle tant pour le justiciable que pour son avocat, et le rôle du juge dans la correction des erreurs matérielles pour garantir un procès équitable.