Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. A...B..., candidat aux élections législatives dans la 12ème circonscription de Seine-Saint-Denis, a saisi le juge des référés du Conseil d'État pour contester une circulaire de propagande d'un autre candidat. Il prétend que certaines mentions de cette circulaire créent une confusion chez les électeurs, compromettant ainsi la sincérité du scrutin. Le juge des référés a rejeté la requête, rappelant que la critique des circulaires de propagande ne relève pas de sa compétence, mais doit être portée devant le juge des élections après le scrutin, en l'occurrence le Conseil constitutionnel.
Arguments pertinents
1. Compétence du juge des référés : Le juge des référés ne peut se prononcer sur les litiges qui ne relèvent pas de sa compétence. En l'espèce, la demande de M. B... ne justifie pas une intervention du juge administratif en référé, car elle se rattache à une contestation des opérations électorales.
- Citation pertinente : « Une contestation à leur sujet ne peut donc être formulée qu’après le scrutin, devant le juge de l’élection. »
2. Nature de la contestation : La contestation relative aux circulaires de propagande électorale doit être considérée comme faisant partie du contentieux électoral, et non comme une atteinte à une liberté fondamentale susceptible d'être protégée par le juge des référés.
- Citation pertinente : « Il en résulte que, sauf circonstances particulières, […] il n’appartient pas au juge administratif des référés de connaître d’une telle contestation. »
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article L. 521-2 : Cet article permet au juge des référés d'ordonner des mesures en cas d'urgence et d'atteinte à une liberté fondamentale. Toutefois, M. B... n'a pas démontré une telle atteinte dans sa demande.
- Citation pertinente : « Le juge des référés peut, en cas d’urgence caractérisée, ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale. »
2. Code de justice administrative - Article L. 522-3 : Cet article autorise le juge des référés à rejeter une requête lorsque celle-ci ne relève manifestement pas de sa compétence. C'est cette disposition qui a conduit au rejet de la requête de M. B....
- Citation pertinente : « Le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsqu’il apparaît manifeste qu’elle ne relève pas de sa compétence. »
3. Constitution - Article 59 : Bien que cet article ne soit pas cité spécifiquement dans le raisonnement, son rôle est crucial car il définit le cadre de compétence du Conseil constitutionnel en matière d'élections, confirmant que les contestations devant le juge de l'élection doivent être portées après le scrutin.
- Bien que le texte ne soit pas cité dans l'analyse, son esprit protège l'intégrité des élections et limite le champ d'action du juge des référés dans ces affaires.
En conclusion, la décision souligne l'importance des compétences respectives des différentes juridictions en matière électorale et l'application correcte des procédures juridiques selon les circonstances et les enjeux soulevés.