Résumé de la décision
Dans le cadre d'une requête présentée par M. A..., celui-ci a sollicité le juge des référés du Conseil d'État pour suspendre l'exécution de la loi du pays n° 2016-42 du 6 décembre 2016, qui modifie la nomenclature du tarif des douanes. M. A... avance plusieurs arguments : son intérêt personnel, la prétendue illégalité de la loi, et la condition d'urgence. Par ailleurs, il a demandé au juge de renvoyer une question de constitutionnalité au Conseil constitutionnel. Toutefois, le juge des référés a rejeté la requête, en considérant qu'il n'y avait pas de justification d'urgence suffisante pour intervenir.
Arguments pertinents
1. Intérêt personnel et préjudice: M. A... a soutenu qu'il a un intérêt direct et personnel à agir, expliquant qu'il importe occasionnellement des biens en Polynésie française et a subi un préjudice du fait de son incarcération dans une affaire douanière. Malgré cela, le juge constate que les éléments soumis par M. A... à l'appui de son intérêt personnel et de son préjudice demeurent trop généraux pour établir une urgence.
2. Atteinte à une liberté fondamentale: M. A... allègue que la loi du pays porte atteinte à une liberté fondamentale. Cependant, le juge a estimé que les allégations de M. A... n'ont pas été suffisamment articulées pour démontrer l'urgence d'une intervention.
3. Compétence réglementaire de l'État: M. A... fait valoir que la loi est illégale car la nomenclature du tarif des douanes relève de la compétence de l'État. Le juge n'a pas eu à se prononcer sur ce point, en raison du rejet de la requête pour absence d'urgence.
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article L. 521-2: Le juge souligne que le texte prévoit que « le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale… ». Cependant, la condition d'urgence doit être justifiée. En l'absence d'éléments factuels probants sur l'urgence, la demande de M. A... n'a pas trouvé écho.
2. Code de justice administrative - Article L. 522-3: Cet article stipule que le juge « peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ». C'est sur cette base que la requête de M. A... a été rejetée, le juge de référés considérant que les arguments avancés ne suffisent pas à caractériser une situation urgente.
3. Article 90 de la loi organique du 27 février 2004: Bien que M. A... ait demandé la transmission d'une question prioritaire de constitutionnalité sur cet article, le juge n'a pas eu à examiner les mérites de cette question, le rejet de la requête tenant principalement à l'absence d'urgence.
En somme, la décision s'est concentrée sur l'évaluation de l'urgence comme condition préalable à l'intervention du juge des référés, rejetant ainsi les arguments de M. A... pour manque de fondement suffisant.