Résumé de la décision
Le Syndicat national des journalistes a déposé un recours devant le Conseil d'Etat, soutenant que la labellisation d'articles de presse sur un site officiel du gouvernement portait atteinte au pluralisme de l'expression, à la liberté de la presse, ainsi qu'à la neutralité des autorités publiques. En réponse, le Premier ministre a indiqué que la page contestée avait été supprimée. Le Conseil d'Etat a constaté que, suite à cette suppression, les conclusions de la requête avaient perdu leur objet et a décidé qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur le recours. Il a également ordonné à l'Etat de verser 2 000 euros au Syndicat national des journalistes.
Arguments pertinents
1. Compétence du Conseil d'Etat : La décision rappelle que le Conseil d'Etat est compétent pour connaître de ce type de recours en premier et dernier ressort, et qu'il est saisi pour protéger des droits fondamentaux.
2. Urgence et intérêt à agir : Le Syndicat national des journalistes a démontré un intérêt légitime à agir en raison de l'atteinte alléguée aux libertés fondamentales.
3. Atteinte à la liberté de la presse : Le requérant soutenait qu'il y avait eu "une atteinte grave et manifestement illégale à l'exigence de pluralisme de l'expression des opinions", soulignant l'importance de la neutralité des autorités publiques.
4. Suppression de la page internet : La décision du Conseil d’Etat a été influencée par la suppression de la page contestée par le Premier ministre le 5 mai 2020, constatant que cela avait fait perdre son objet au recours : "Les conclusions de cette requête ont perdu leur objet et il n’y a plus lieu d'y statuer."
Interprétations et citations légales
1. Article L. 511-1 du code de justice administrative : Cet article énonce que "Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire," permettant une intervention rapide pour protéger les libertés fondamentales.
2. Article L. 521-2 du code de justice administrative : D'après cet article, "saisi d'une demande… justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public… aurait porté…une atteinte grave et manifestement illégale." Cela souligne le pouvoir du juge des référés de protéger ces libertés en situation d'urgence.
3. Conclusion du jugement : La décision a abouti à ces conclusions : "Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête du Syndicat national des journalistes," indiquant ainsi que la principale question judiciaire avait été annulée par l'action du gouvernement.
En somme, cette décision illustre l'équilibre que le droit administratif cherche à établir entre la liberté d'expression, la neutralité gouvernementale et l'urgence des recours.