Résumé de la décision
M. B..., propriétaire d'un immeuble situé au 9 rue Valette à Montpellier, a demandé au préfet de l'Hérault de mettre en demeure des occupants irréguliers de quitter les lieux, dans le cadre de l'article 38 de la loi du 5 mars 2007. Après un refus du préfet, M. B... a saisi le juge des référés du tribunal administratif, demandant l'application de cette procédure et l'évacuation forcée en cas de non-respect de la mise en demeure. Le juge a rejeté la demande, considérant que le refus du préfet ne portait pas atteinte à son droit de propriété. M. B... a interjeté appel, qui a également été rejeté.
Arguments pertinents
Le juge des référés a fondé son rejet sur plusieurs points clés :
1. Démonstration du domicile : M. B... n'a pas réussi à prouver que l'immeuble constituait son domicile légal. La seule preuve apportée, notamment une facture d'eau au nom d'un ancien propriétaire et un relevé de zéro consommation, n'étaient pas suffisants. Le juge a noté que ces éléments ne montrent pas que M. B... habite effectivement l'immeuble.
2. Atteinte au droit de propriété : Le juge a conclu que le refus du préfet ne constituait pas une atteinte grave et immédiate à son droit de propriété. La non-occupation effective du logement ne justifie pas l'urgence de la demande.
3. Absence d'éléments nouveaux en appel : En appel, M. B... n'a pas fourni de preuves ou d'arguments nouveaux pour contredire les conclusions du juge de première instance, rendant l'affaire manifeste au regard de son rejet.
Interprétations et citations légales
Dans cette décision, plusieurs textes de loi ont été appliqués et interprétés :
1. Code de justice administrative - Article L. 521-2 : Cet article permet au juge des référés d'ordonner des mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale lorsque celle-ci est menacée par un acte manifestement illégal d'une personne morale. Dans le cas présent, la notion d'urgence n'a pas été jugée remplie, justifiant le rejet de la demande par le juge.
> "Le juge des référés peut rejeter une requête (...) lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie" (CJA - Article L. 522-3).
2. Loi n° 2007-290 du 5 mars 2007 - Article 38 : Cet article est central dans le cadre de la procédure de mise en demeure des occupants. Il rappelle que la mise en demeure est conditionnée à la preuve que le lieu occupé constitue le domicile et à la signification d'une plainte. Les faiblesses de la démonstration de M. B... ont conduit à la conclusion que cette condition n'a pas été remplie.
> "La mise en demeure est assortie d'un délai d'exécution qui ne peut être inférieur à vingt-quatre heures" (Loi n° 2007-290 - Article 38).
En somme, la décision se base sur l'absence de preuve substantielle établissant le domicile effectif de M. B..., ce qui est requis pour que la procédure de mise en demeure puisse être appliquée. Cette analyse illustre l'importance des éléments de preuve dans le cadre des litiges concernant les occupations irrégulières.