Résumé de la décision
La décision abordée concerne un litige impliquant M. B...A... et des dispositions du code de l'urbanisme, spécifiquement l'article L. 600-13. Le Conseil d'État a renvoyé au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité concernant l'article L. 600-13 du code de l'urbanisme dans sa version issue de la loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017. Cette disposition, qui rend caduque la requête en cas de non-production des pièces nécessaires au jugement dans un délai imparti, a été contestée en tant qu'elle pourrait porter atteinte au droit à un recours juridictionnel effectif conformément à l'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. En conséquence, le Conseil d'État sursoit à statuer sur le pourvoi de M. A... jusqu'à ce que le Conseil constitutionnel émette son avis.
Arguments pertinents
1. Applicabilité de la disposition contestée : Le Conseil d'État a qualifié que les dispositions de l'article L. 600-13 étaient applicables au litige, ce qui est une condition préalable à l'examen d'une question prioritaire de constitutionnalité.
2. Non-conformité antérieure : Il a été établi que cette disposition n'avait pas été précédemment déclarée conforme à la Constitution par le Conseil constitutionnel, ce qui permettait la soumission de cette question.
3. Caractère sérieux de la question : Le Conseil a jugé que le moyen soulevé, qui affirme que l'article L. 600-13 porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution, notamment le droit à un recours juridictionnel effectif, possède un caractère sérieux, rendant nécessaire la saisine du Conseil constitutionnel. Cela souligne l'importance des droits fondamentaux, tels que le droit d'accès à la justice.
Citation pertinente : "La question prioritaire de constitutionnalité invoquée soulève une question présentant un caractère sérieux."
Interprétations et citations légales
1. Ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 - Article 23-5 :
Cet article permet de soulever une question prioritaire de constitutionnalité contre une disposition législative dont l'application porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution. Il impose des conditions strictes comme l'applicabilité de la disposition, la non-conformité antérieure, et le caractère sérieux de la question.
Citation directe : "Le moyen tiré de ce qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution peut être soulevé [...]".
2. Code de l'urbanisme - Article L. 600-13 :
Cet article prévoit la caducité de la requête pour non-production dans un délai imparti, ce qui peut être considéré comme une restriction au droit au recours, ce qui est ici contesté.
Citation directe : "La requête introductive d'instance est caduque lorsque, sans motif légitime, le demandeur ne produit pas les pièces nécessaires au jugement de l'affaire dans un délai de trois mois".
3. Déclaration des droits de l'homme et du citoyen - Article 16 :
Cet article garantit le droit à un recours effectif. La décision du Conseil d'État fait écho à ces considérations, soulignant que la disposition contestée pourrait entraver ce droit fondamental.
Citation directe : "Tout citoyen peut, dans les cas prévus par la loi, défendre ses droits devant les tribunaux".
Cette décision, tout en poursuivant le respect de la loi, intervient pour protéger les droits fondamentaux des citoyens dans l'accès à la justice, soulignant le rôle crucial du Conseil constitutionnel dans l'arbitrage des conflits entre dispositions législatives et droits constitutionnels.