Résumé de la décision
M. A... a été incarcéré à la maison d'arrêt de Rouen à partir du 11 avril 2012. Après avoir demandé une indemnisation au garde des sceaux pour les conditions de détention qu'il estimait contraires à sa dignité humaine, sa demande a été rejetée par le tribunal administratif de Rouen dans un jugement du 27 janvier 2015. M. A... a alors formé un pourvoi en cassation contre ce jugement. La décision de la cour est de rejeter ce pourvoi, confirmant que les conditions de détention de M. A... n'ont pas porté atteinte à sa dignité humaine et n'engagent pas la responsabilité de l'Etat.
Arguments pertinents
1. Appréciation souveraine des conditions de détention : Le tribunal administratif a évalué les conditions de détention de M. A..., notamment la surface des cellules et le nombre de détenus. Le jugement affirme : « le tribunal administratif a relevé (...) qu'en dépit de la sur-occupation des cellules successivement occupées par le requérant, celui-ci n'avait jamais bénéficié d'un espace individuel inférieur à trois mètres carrés ».
2. Absence de faute de l'Etat : Le tribunal a conclu que les conditions de détention n'avaient pas porté atteinte à la dignité de M. A... et qu'il n'y avait pas de faute de l'Etat, en précisant que les cellules avaient récemment fait l'objet de travaux. La décision précise : « En déduisant de ces constatations que les conditions de détention de M. A... à la maison d'arrêt de Rouen n'avaient pas porté atteinte à la dignité humaine..., le tribunal administratif de Rouen n'a pas entaché son jugement d'une inexacte qualification juridique des faits ».
3. Rejet des conclusions accessoires : Les conclusions de M. A... se fondant sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative, qui prévoient le remboursement des frais de justice, ont également été rejetées.
Interprétations et citations légales
1. Convention européenne des droits de l’homme :
- Article 3 : "Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants." Ce principe est fondamental pour apprécier la légalité des conditions de détention.
2. Code de procédure pénale :
- Article D. 189 : « [...] le service public pénitentiaire assure le respect de la dignité inhérente à la personne humaine [...] ».
- Article D. 349 : « L'incarcération doit être subie dans des conditions satisfaisantes d'hygiène et de salubrité [...] » décrivant les droits des détenus.
- Articles D. 350 et D. 351 : Ces articles précisent les exigences d'hygiène et d'accès à la lumière et à l'air dans les cellules.
3. Critères d'évaluation des conditions de détention : La décision aborde les critères pour déterminer si les conditions de détention portent atteinte ou non à la dignité humaine, prenant en compte l'espace de vie, la promiscuité, et les installations sanitaires. La décision insiste sur le fait que « seules des conditions de détention qui porteraient atteinte à la dignité humaine [...] révèlent l'existence d'une faute de nature à engager la responsabilité de la puissance publique ».
Ainsi, la décision établit un cadre clair pour l'évaluation des conditions de détention, en mettant en avant la nécessité de preuves concrètes de manquements aux droits des détenus pour engager la responsabilité de l'État. Le rejet du pourvoi de M. A... confirme que les conditions observées n'étaient pas jugées inacceptables au regard des critères légaux en vigueur.