Résumé de la décision
Le Conseil d'État a examiné une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) concernant le troisième alinéa de l'article 150-0 B du code général des impôts. Un requérant a contesté la conformité de cette disposition aux articles 6 et 13 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. La décision a conclu que la question soulevait un caractère sérieux et a donc renvoyé cette question au Conseil constitutionnel pour examen.
Arguments pertinents
Les arguments clés de la décision reposent sur deux principes majeurs :
1. Égalité devant les charges publiques : Le requérant soutient que le dispositif crée un "effet de seuil excessif", ce qui est incompatible avec le principe d'égalité fiscale. L’article 150-0 B introduit une distinction fondée sur la valeur nominale des titres dans le calcul du seuil de 10%, ce qui peut potentiellement nuire aux facultés contributives des contribuant.
2. Égalité devant la loi : La disposition est critiquée pour établir un traitement différencié des contribuables selon que leur apport a donné lieu ou non au paiement d'une prime d'émission, sans justification valable d'intérêt général. Cela soulève une question sérieuse quant à la légitimité de cette distinction.
Comme mentionné dans la décision : “Le moyen tiré de ce que cet alinéa porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution, notamment au principe d'égalité devant la loi, soulève une question présentant un caractère sérieux.”
Interprétations et citations légales
L'interprétation de l'article 150-0 B du code général des impôts se focalise sur la question de l'application des seuils dans le cadre de plus-values fiscales.
1. Code général des impôts - Article 150-0 B :
- Cet article exclut l'application des règles de détermination des plus-values pour certaines opérations, créant ainsi un cadre où des situations fiscales peuvent être traitées différemment. Par exemple, le texte précise : “Sous réserve des dispositions de l'article 150-0 B ter, les dispositions de l'article 150-0 A ne sont pas applicables... aux plus-values réalisées dans le cadre d'une opération d'offre publique...”. Ceci établit une base sur laquelle se trouve la contestation, soulignant que les transactions doivent être évaluées avec précision afin d'assurer l'égalité devant la loi.
2. Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 - Articles 6 et 13 :
- L'article 6 stipule : "Tous les citoyens sont égaux devant la loi." Le requérant argue que la distinction faite par l'article 150-0 B contrevient à cette égalité fondamentale.
- L'article 13, quant à lui, garantit "le droit de chacun au concours de la puissance publique". Cet article souligne l'importance d'une fiscalité juste qui prenne en compte les capacités contributives des citoyens.
La décision du Conseil d'État rappelle ainsi la nécessité d'un équilibre entre les exigences fiscales de l'État et les droits garantis par la Constitution, surtout en ce qui concerne le principe fondamental de l'égalité devant la loi. La renvoi de la question à la plus haute instance souligne la pertinence du débat et l'importance d'un examen approfondi par le Conseil constitutionnel.